Waste Land: l’art de la transformation

Waste Land, quel film inspirant pour lancer Curieuse d’idées!

Je désire créer cet espace pour faire circuler l’information au sujet de ce qui se passe ici et pour rendre une partie de ce que m’apportent ces différentes fréquentations culturelles, principalement montréalaises, mais aussi québécoises et internationales. Témoigner de la façon dont elles me transforment d’une certaine façon.

Dans ce film,  l’artiste visuel Vik Muniz se pose la question suivante: est-ce que l’art peut changer le monde? Il ne veut pas répondre à la question d’une façon générale et abstraite, mais l’explorer de façon concrète, locale et ponctuelle. Il souhaite que son art ait un impact positif sur des personnes… Pas les visiteurs anonymes de ses expositions ou les fortunés collectionneurs de ses oeuvres aujourd’hui très cotées, mais plutôt des gens pauvres avec lesquels il espère réaliser ses prochaines créations. Brésilien d’origine vivant maintenant à Brooklyn, Muniz veut mener ce projet dans son pays natal. Il envisage de travailler avec les catadores, ces personnes qui trient et revendent les matériaux recyclables du plus grand dépotoir du Brésil, Jardim Gramacho, situé près de Rio de Janeiro. Le film documente la démarche de création de l’artiste, de l’intention de départ à l’exposition de ses oeuvres au Museu de Arte Moderna de Rio de Janeiro, ainsi que les retombées de celle-ci sur les personnes qui y ont étroitement contribué.

L’inspiration lui vient d’un précédent projet photographique (Sugar Children, 1996) : des portraits d’enfants dont les parents travaillent dans les champs de canne à sucre. L’artiste retravaille les photos avec la matière même dont est marquée la vie de ces personnes: le sucre. Pour son projet avec les catadores, Muniz souhaite faire des portraits surdimensionnés intégrant ce qui constitue leur quotidien : les matériaux de recyclage. Il veut également faire participer ces catadores au processus créatif. Ainsi, quand ils regarderont leur portrait, ils ne se diront pas «c’est une belle photo que Vik a prise de moi», mais «j’ai contribué à cette oeuvre, c’est moi qui ai fait cette section, disposé ces bouchons de bouteille ici, ces pellicules de film là…». Changement de perspective!

Évidemment, le projet artistique a plusieurs effets sur les personnes qui y participent. Ce n’est pas tout rose, mais c’est principalement positif, du moins pour ce que nous en montre la réalisatrice Lucy Walker. Plusieurs questionnements traversent la démarche de l’artiste et l’esprit du spectateur que nous sommes en regardant le film. On ne peut s’empêcher de penser: encore un film qui veut montrer un riche du Nord sauvant des pauvres du Sud. Cependant, ce qui rend la réflexion plus nuancée est que Muniz a grandi dans un quartier ouvrier de São Paulo. Certains catadores auraient pu être ses voisins en quelque sorte, car tous ne viennent pas de familles les plus pauvres. Toutefois, la plupart d’entre eux ont vécu un coup du sort qui les a menés à décider de travailler à Jardim Gramacho pour survivre. Il s’agit pour eux de choisir un travail digne, plutôt que la prostitution ou la contrebande, afin de s’en sortir, comme le confie Magna, femme forte et magnifique du film.

Muniz a, lui aussi, rencontré une telle adversité dans sa vie : jeune adulte il se fait tirer une balle dans la jambe alors qu’il cherche à s’interposer entre deux types qui se battent dans la rue. Le sort qui s’abat sur lui prend une tournure inattendue, puisqu’il reçoit une  somme d’argent en dédommagement. Muniz décide de partir pour New York tenter le coup de vivre de son art.

Les hasards de la vie sont nombreux: naître ici plutôt que là, être en santé plutôt que malade, vivre dans une région politique, économique et climatique stable plutôt que tumultueuse… On n’a aucun contrôle sur les coups de malchance – ou de chance – qui nous tombent dessus. Pourtant, il existe toujours un petit territoire de sa vie  sur lequel on peut avoir du pouvoir.  C’est ce que m’inspire ce film.

Avant de terminé, un petit mot de remerciement au Festival de films de l’environnement de Montréal (malheureusement déjà terminé) et surtout au Cinéma du Parc qui ont permis que ce film ait pris l’affiche à Montréal.

Est-ce que l’art transforme votre vie? De quelle façon?

A propos Curieuse d'idées

À sa naissance, elle entre dans le monde de la curiosité. Elle n'est pas à la veille d'en sortir!
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