Le printemps: l’annonce des primeurs

Je passe pour une rabat-joie parce que j’aime l’hiver. En fait, j’aime les quatre saisons, surtout parce qu’elles alternent! Pour vous dire un secret, c’est peut-être le printemps ma saison la moins préférée. Dixit Martin Léon: il n’y a que deux saisons au Québec, l’été et l’hiver, séparées par de la gadoue. Le printemps, c’est un peu moche, on ne peut plus faire de sports d’hiver et pas encore de sports d’été. Plus souvent qu’autrement, on se promène les pieds mouillés, quand ce n’est pas un automobiliste qui nous arrose de la tête aux pieds. Il y a les journées qui allongent, mais si on y pense bien, elles allongent depuis le 21 décembre. Donc, rien de nouveau sur ce plan au printemps. OK, c’est quand même à ce moment qu’on s’en rend plus compte. Partir du travail (et y arriver) à la clarté, yé!

En plus, ces jours-ci, j’ai vu mes plantes intérieures reprendre vie. De jeunes pousses  apparaissent. C’est le temps de commencer à leur donner de l’engrais et de penser au rempotage.  Toutefois, l’argument de taille en faveur du printemps, pour moi, c’est qu’il suscite l’espoir du jardinage. Mon carnet de notes est sorti. Je révise et je projette. Qu’est-ce que je vais essayer cette année? L’été passé, les deux variétés de pissenlit ont vraiment trop produit! Le chou frisé a été sensationnel. Le basilic, toujours aussi réjouissant. Pour le reste, j’ai un peu trop négligé mon jardin et il a, en plus, fait vraiment trop chaud. Bref, au printemps, je suis à la recherche de nouvelles idées.

Il m’a fallu attendre trois ans pour avoir accès à un jardin communautaire à Montréal. Entre temps, j’ai regardé du côté des groupes d’achat collectif et j’ai opté pour l’inscription aux paniers de légumes bio. Finalement, l’appel est arrivé le printemps passé, j’ai eu mon lot.  Après 8 ans de jardinage communautaire ailleurs, vous dire comme ça m’a manqué! Je vous recommande l’expérience. Apprendre à jardiner et en communauté, ça apprend la tolérance, à l’égard de la nature et de la nature humaine. À faire avec, beau temps, mauvais temps. Il y a les habituelles plaintes envers celui qui n’entretient pas son jardin ou qui ne participe pas aux tâches communes. Pourtant, on retrouve aussi l’esprit d’entraide, les échanges d’idées et de façons de faire. Par exemple, à Québec, c’était les Nations Unies. Plus d’une centaines de lots. Chacun a sa culture de jardinage, sa façon d’aménager des légumes inconnus. À Ottawa, c’était presque la famille, quelques lots seulement. Maintenant, il y a un énorme édifice à condominiums construit sur son emplacement. C’est triste.

Le plaisir du jardinage, c’est viscéral. Ça relève de l’expérience sensuelle. Tactile. Les mains dans la terre, c’est thérapeutique. Odorante. L’odeur de la terre, de l’humus, des plants de toutes sortes, de l’ozone juste après la pluie. Visuelle, ah!, la satisfaction d’un beau carré de jardin bien nettoyé, l’émerveillement d’un papillon papillonnant ou alors la vue de la première pousse de l’été, c’est émouvant! Auditive. Bon, je n’irai pas jusqu’à dire que j’entends les plants pousser, quand même pas. Mais le jardin, c’est un bon endroit en ville pour entendre les oiseaux chanter, les arbres bruisser. Ce n’est pas pour rien que les enfants adorent.

Ça me fait penser au film Nos enfants nous accuseront (maintenant en DVD). Toute une commune en France, sous l’impulsion du maire, décide d’offrir tous les plats de la cantine de l’école en version bio. Et bien sûr, les enfants se mettent au jardinage. Quel plaisir de goûter. Tiens, j’avais oublié ce sens dans ma description sensuelle! Et pourtant! Une de mes copines enseigne la didactique des sciences à des futures enseignantes du primaire à Long Island. Certaines partent de loin. Ça pousse des betteraves marinées? Ça vient du maïs le pop corn? Je suis certaine qu’on peut trouver la même chose au Québec. À ce sujet, il y a à se questionner, ce qu’a fait Richard Louv, un auteur étasunien dans son livre Last child in the woods. Il y a des initiatives de toutes sortes pour rapprocher le «consommateur» des aliments issus de la terre et leur faire découvrir leur variété. Pour les plus jeunes, le projet Les Jeunes Pousses au Québec et pour les plus vieux,  l‘Université du goût, lancée par le philosophe Michel Onfray en France. Je rêve de partir des jardins sur les toits des écoles à Montréal, un peu à l’exemple du projet des Fermes Lufa ou du jardin comestible de l’Université McGill, sans oublier l’activité Jardins-jeunes offerte par le Jardin botanique de Montréal (inscription à partir du 1er février; reste-t-il de la place?). Bref, il n’y a presque pas de raison de ne pas jardiner en ville! Un coup parti, pourquoi ne pas fleurir les carrés d’arbre près de chez vous? La ville a d’ailleurs donné des végétaux (oui, oui, donné) le dernier samedi de mai l’an passé. J’imagine que l’expérience va être renouvelée cette année. Bon, vous voyez, quand il est question de jardin, je m’enthousiasme un brin.

Le titre de mon article a un double sens. En lien avec le jardinage, les primeurs correspondent aux premiers légumes récoltés dans la saison. (Je pourrais à cet égard vous parler aussi du livre et du site 100-mile diet: un jeune couple de Vancouver a fait l’expérience de se nourrir pendant une année avec des aliments provenant de 100 miles à la ronde du point de leur résidence et donc en suivant les saisons.  Ils avaient commencé d’ailleurs un 21 mars… Mais bon, je détaillerai une autre fois.)

Le titre de mon article renvoie aussi à UNE primeur, soit le résultat du premier round de ce que j’appellerai notre projet Cuisine ludique. Vous vous souvenez? Trois aliments de la même lettre doivent composer un plat. Je m’occupais de l’entrée. L’expérience fut très stimulante et les résultats réjouissants! En voici un aperçu: trois plats A. N’hésitez pas à me partager votre version d’un plat A. Deuxième round. Devinez. Trois plats B. Je fais le plat principal.

Entre temps, je m’en vais m’amuser au FIFA. J’ai dû accommoder mes choix en fonction de mes disponibilités. Pas de danse cette année, mais Karkwa, Marguerite Yourcenar et Benny Goodman, entre autres.

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5 commentaires pour Le printemps: l’annonce des primeurs

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