La beauté d’une ville: le cas des graffitis

Par coïncidence, aujourd’hui, hier, c’était la fête de la date anniversaire de la fondation de Montréal, occasion saisie par le Quartier des spectacles pour mousser un peu leur espace d’animation. Pourquoi pas? Ça semble ludique et bon enfant! Pourquoi coïncidence? J’avais commencé à écrire cet article sur Montréal.

Je ne sais pas trop si je trouve que Montréal est une belle ville ou non. (Longue réflexion) Je n’ai toujours pas tranché. J’essaie de me rappeler avec qui je discutais et cette personne me disait que Montréal était une belle ville. J’ai écouté, j’ai questionné pour entendre ses raisons. Je cherche, je les ai oubliées. À la radio, un visiteur disait que Montréal était une belle ville, mais qu’il fallait regarder en haut, et non en bas, c’est-à-dire les nids de poule… devenus ces jours-ci d’énormes piscines que les automobilistes transforment en boyau d’arrosage pour piétons. Je nuancerais en disant que Montréal a du charme. Il y a des petits je-ne-sais-quoi qui font qu’on s’y attache ou qu’elle nous séduit. Sur le plan de l’architecture, c’est un mélange, à la fois homogène, de duplex et de triplex, généralement en briques et agrémentés des fameux escaliers en colimaçons, et hétérogène, dans la mesure où ça ne ressemble pas à un quartier d’une banlieue nouvellement érigé.

Montréal, pour moi, a une personnalité particulière. Elle n’a pas la beauté polissée de Québec, mais elle possède certainement une énergie bien vivante. Il y a de l’animation aux coins des rues, aux parcs, aux stations de métro. Il y existe une liberté de s’exprimer. Qu’ils sont beaux les petits villages anglais de carte postale… Mais ils sont figés dans le temps. J’aime les villes qui bougent, qui évoluent, qui se transforment. Montréal est bien de celles-là. Une part de cette énergie vient de la présence de graffitis dans la ville. J’aime le fait que les gens s’approprient leur espace de vie, s’approprient leur ville, que ce soit pour la rendre plus «belle» ou pour y exprimer un point de vue… sur elle.

Jusqu’à quel point, c’est la question. Je viens de voir un documentaire avec des amis sur Vingt ans de graffitis à Paris. C’est fut très instructif: writers, taggers, graffiteurs… et tout le vocabulaire des styles qui va avec cette forme d’expression. J’ai mes préférences, évidemment. Je n’apprécie pas trop les tags sauvages. J’aime beaucoup par contre les murales. Donc, je ne suis pas une vraie! Les graffitis dans un terrain vague, voire un grand mur de béton, je trouve que ça ajoute de la beauté et de la vie à un environnement déprimant. C’est toujours mieux que le placardage extensif d’affiches du publicité. Je suis moins sensible aux graffitis qui consistent à vandaliser un espace public, à tagger son nom stylisé le plus grand nombre de fois ou dans un endroit le plus visible. Je comprends la démarche, voire la revendication de ces «jeunes». Mais elle me questionne aussi. Elle contribue au moins à ça! Pourtant, je n’ai aucune réticence à un Roadsworth ou un Banksy. Ils poétisent souvent l’espace public et ils questionnent ses «propriétaires». Je n’ai pas eu la chance, encore, de voir, de visu, les graffitis de Roadsworth à Montréal, mais j’ai vu un documentaire sur son travail, sa démarche artistique, voire politique. En voici un court extrait:

La démarche de Banksy, artiste du Royaume-Uni, est tout aussi intéressante et réfléchie sur fond politique:


Le site Internet imtl documente le patrimoine de Montréal, du patrimoine historique au patrimoine «actuel», incluant autant les bâtiments que les graffitis. Voici un aperçu de graffitis de mon quartier.

Ça invite à l’exploration de la ville, non? Souvent, au détour d’une pérégrination, un graffiti me surprend, me fait sourire ou réfléchir. Et dans bien des occasions, j’en suis persuadée, ça embellit l’espace public, ça lui ajoute de la poésie ou encore me rappelle que quelqu’un vit ici et l’écrit. C’est déjà beaucoup.

MàJ 3 juillet 2011. Suite des coïncidences. À Amsterdam, d’où je reviens, j’ai eu un délire… photographique. Tout plein de détails visuels… dont des graffitis. Dans l’avion, parmi les films disponibles, le documentaire Exit through the gift shop, que m’avait mentionné un ami avec qui je partage l’intérêt pour les graffitis, notamment ceux de Banksy. Le lendemain, en sélectionnant mes photos de voyage, quelle surprise de retrouver dans l’une d’elles un graffiti de Space Invader, dont il est aussi question dans ce documentaire.

MàJ. 7 juillet 2012. J’ai feuilleté, le weekend dernier, un livre sur les graffitis de Roadsworth paru en novembre 2011. Quel artiste!

A propos Curieuse d'idées

À sa naissance, elle entre dans le monde de la curiosité. Elle n'est pas à la veille d'en sortir!
Cet article, publié dans Art visuel, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

7 commentaires pour La beauté d’une ville: le cas des graffitis

  1. Ping : S’approprier la ville: suite d’une réflexion amorcée | Curieuse d'idées

  2. Ping : Voyager formule no 3: deux semaines culturelles dans une ville | Curieuse d'idées

  3. Ping : Savourer la culture en plein air : BJM le plein de vitalité | Curieuse d'idées

  4. Ping : Agenda culturel avril 2012 | Curieuse d'idées

  5. Ping : Ce que j’apprends du mouvement étudiant: le courage de ses convictions | Curieuse d'idées

  6. Ping : Graffiti et art muraliste chiliens: un feu d’artifice! | Curieuse d'idées

  7. Ping : Mon baptême des Grands crus: «Nuits au Grand Jour» | Curieuse d'idées

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s