Voyager formule no 1: louer une villa

J’ai été invitée, cette année, par la famille d’une collègue à me joindre à eux pour un séjour dans le sud de l’Espagne. Ils ont adopté cette formule depuis plusieurs années. Ils choisissent un pays, une région de leur choix. Ensuite, ils identifient une villa agréable où séjourner, à proximité de plusieurs lieux d’intérêt dans un rayon de 100 kilomètres, más o menos. De telle sorte que, matin et soir, nous profitons de la villa et dans la journée, si le coeur nous en dit, nous faisons une escapade. L’un du groupe, appelons-le le Patriarche, s’occupe de la recherche de villas, de dates, de lieux. Il documente le parcours, la région, l’histoire et la géographie. En plus, il livre quelques informations sur les alcools de la région. Les autres, s’ils le souhaitent, peuvent aussi tenir une chronique pré-destination sur un aspect culturel de leur choix. La correspondance va bon train avant le départ.

Je les ai donc rejoints, pour la deuxième semaine de leur séjour en Andalousie, dans une villa près de Salobreña. Une villa à flanc de montagne, avec piscine et vue sur la mer. Plusieurs chambres, dont une des maîtres avec salle de bain privée, une autre chambre avec lit double, deux autres avec lit simple. Une grande cuisine et un séjour avec foyer (que nous n’avons pas utilisé) et une grande terrasse à plusieurs paliers. Bref, un bon spot.

Nous avons pris tous nos repas sur la terrasse. Le petit déjeuner, chacun le prend à l’heure qu’il le veut et le compose de ce qu’il souhaite. Nous avons fait une épicerie commune qui convenait à peu près à chacun. En général, il s’agissait de tartines grillées, de beurre, de confiture, de fromage du pays, de jus d’orange frais pressé, fait d’oranges d’Espagne, qui est un grand pays producteur de fruits. D’ailleurs, dans cette région montagneuse, on pouvait apercevoir, là où le terrain était assez plat, des serres à profusion. C’est impressionnant… et désolant. Cherchez El Ejido dans Google maps. Une mer de serres… ainsi que l’exploitation de main d’oeuvre immigrante à bon marché.

Revenons à nos repas du soir. Deux personnes étaient responsables du souper. Nous achetions les aliments au fur et à mesure… Quand les commerces étaient ouverts. Nous avons vécu un décalage culturel dès nos premières journées. Nous sommes arrivés un samedi soir, épiceries fermées. Dimanche, idem. Là-bas, ce ne sont pas les heures d’ouverture intensives qu’on connaît au Québec:  7 jours sur 7, de 7h à 23h. Je trouve cela sain. Par contre, en tant que touristes, il faut faire preuve d’un peu de débrouillardise, mais on s’en sort souvent très bien. D’ailleurs, le premier soir où j’étais en charge du souper avec mon partenaire de cuisine, nous avons trouvé une petite épicerie bien peu pourvue. À peu près pas de viande et de fruits frais. Nous nous sommes pourtant bien débrouillés avec des pois chiches en conserve, du jambon sous vide, des poivrons rouges grillés en conserve, des oeufs et du chorizo (on en trouve partout). À la villa, il nous restait du boudin, des tomates et de la laitue. Nous nous sommes régalés et en avons même laissé.

Pour le repas du midi, nous le prenions dans un café de l’endroit visité. Trois endroits mémorables, parmi d’autres. Dans le village de Salobreña, le premier restaurant où nous sommes allés manger le dimanche midi, nous avons commandé: un apéro, un «tube» de tinto de verano ou de bière Cruzcampo, accompagné d’un tapa: 1 euro 50. Oui, oui, vous avez bien lu. Chaque tapa commandé à part, 1 euro 50. En tout et pour tout, pour quatre personnes, pour le dîner: 15 euros. Un record qui n’a pas été fracassé par la suite. Exemple de tapas: petites sardines, patatas, viande en sauce, etc. Un autre midi, dans un village blanc, nous avons déniché une charcuterie des plus charmantes. Des dizaines de jambon serrano étaient accrochés au plafond. Un comptoir de charcuteries des plus alléchants et au fond, une petite salle à manger décorée de tonneaux de vins locaux, dont du Jerez. La salle était bondée, mais en patientant un peu, nous avons finalement eu une place pour déguster une assiette de charcuteries et fromages des plus délicieuses, accompagnée de tomates à l’huile et aux herbes secrètes. Nous avons rapporté un kilo de tranches de jambon serrano à la villa, que nous avons dégusté les soirs suivants. À Granada, à l’ombre des remparts de l’Alhambra, une entrée de tomates à l’huile et un fromage blanc frais, tout simple, mais savoureux. Accompagné d’une bière Alhambra, dans sa belle bouteille verte, sans étiquette.

Nous avons effectué deux escapades un peu plus éloignées. La première, à l’Alhambra de Granada, dont je viens de parler. Nous avions acheté les billets à l’avance et nous devions les récupérer à 8h. C’est fou comme la température est fraîche le matin, environ 10 degrés, alors qu’il peut faire 30 degrés en après-midi.

La deuxième escapade fut au Musée Picasso à Málaga, sa ville natale. Beau petit musée qui présente des oeuvres ayant appartenu aux membres de la famille. La ville de Málaga est aussi magnifique. Nous avons eu un peu de difficulté pour nous rendre au centre-ville depuis l’autoroute, mais une fois rendus sur place, il a été agréable de s’y promener à pied. L’architecture est vraiment magnifique et de nombreuses rues sont en dalles de marbre ou ce qui y ressemble.

Bref, louer une villa pendant une semaine et y retrouver copains ou famille, c’est une formule sympathique, relaxante et économique, pour qui ne tient pas à répartir le budget à la cenne près. Il faut faire preuve de flexibilité avec les autres et aimer profiter surtout de la région, comme si on y restait. La villa était notre villa, le chemin qu’on empruntait, en lacet, était devenu familier, et la vue, toujours aussi superbe. Chacun vaquait à ses occupations comme il lui convenait et se joignait de la partie, s’il voulait participer à l’escapade. Sinon, il se prélassait à la villa pour la journée à lire un bon roman policier (j’y reviendrai). Pour ma part, j’ai adoré.

A propos Curieuse d'idées

À sa naissance, elle entre dans le monde de la curiosité. Elle n'est pas à la veille d'en sortir!
Cet article, publié dans Voyage, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Voyager formule no 1: louer une villa

  1. celle qui a du temps dit :

    Que de beaux moments rappelés ici! Avec le goût de faire d’autres escapades comme celle-là; et, en attendant, de refaire certains plats dégustés là-bas…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s