Voyager formule no 2: s’amuser en travaillant

Mon travail m’amène à participer à des congrès. Au moins un par année au Québec, au Canada ou à l’international. Je me souviens d’une année, à Rivière-du-Loup. Quel accueil chaleureux ! La population avait tout mis en oeuvre pour recevoir une dizaine de milliers de congressistes: les hôtels, les restaurants, les services touristiques avaient prévu le coup. (Ce n’est pas toujours le cas à Montréal.) Cette année-là, j’ai fait le voyage du retour avec une collègue qui l’avait planifié comme un voyage à l’étranger. Quelle bonne idée! Non pas de considérer nos concitoyens «en région» comme des étrangers, mais de profiter de l’occasion pour faire quelques arrêts en route. Deux ou trois visites, à distance bien calculée, comportant attraits historiques, géographiques, culturels ou gastronomiques. Son guide touristique de la région était annoté et bien exploité. Un arrêt à quelques commerces locaux, boulangerie, chocolaterie, nous avait ravies. Je garde un souvenir mémorable de Kamouraska, son coquet village et ses battures.

Le même réflexe est plus évident quand on va à l’étranger. Le désir est grand de rallonger la durée du congrès en séjournant la semaine du congrès et les weekends le précédant et le suivant. Le weekend précédent, c’est pour absorber d’abord le décalage horaire la première journée et développer son orientation des lieux, avant d’être occupé toute la semaine par le congrès. Il est agréable de découvrir le pays visité, autant lors du congrès, par la façon dont il est organisé, que pendant les heures libres. Même si, grosso modo, les congrès internationaux tentent de rencontrer les mêmes critères, on peut tout de même sentir les couleurs locales. Le respect du temps par exemple. Pour tous les congrès, il y a un horaire écrit, du début et de la fin des séances. Cependant, l’horaire réel peut être tout à fait différent en fonction de us et coutumes locaux. Je commence à réaliser qu’en Amérique du Nord, on est des névrosés du temps, à la minute près! D’ailleurs, à Istanbul, après une session que j’avais présidée (ce qui consiste essentiellement à gérer le temps et le droit de parole pendant les échanges), un homme du Moyen-Orient est venu me demander si mon père était dans l’armée!

L’organisation des pauses «cafés», ou autres boissons chaudes servies durant les pauses, représente souvent un moment distinctif.

J’aurais pu ajouter une image de «café» de type Tim Hortons pour le Québec / Canada. Je suis sûre que c’est mémorable pour nos collègues internationaux qui viennent nous visiter. D’ailleurs, j’expliquais à un copain Français, qui a répondu par l’affirmative à la question «Un café régulier?», qu’il risquait d’être surpris par ce qu’on allait lui apporter. En effet, un café régulier en France est un espresso bien tassé, au Québec un café filtre plus ou moins corsé. Que dire de la qualité des cafétérias en France, comparativement à celles au Québec? La composition des petits déjeuners est également très variée. Mes «deux-toasts-beurre-de-pinotte» ne trouvent pas d’équivalent en France. Il consiste plutôt en un jus d’orange frais, un croissant, une tartine beurrée, de la confiture et un café. À Istanbul, du fromage de type féta, des tomates, du concombre, des olives, un oeuf à la coque, du pain et un café.

Après la journée de congrès, on donne souvent rendez-vous à des collègues pour poursuivre les discussions autour d’un bon repas, à des heures très variables selon le lieu. Au Québec, 19h30 est une heure habituelle pour aller souper. En France, c’est encore l’heure de l’apéro. On va «dîner» à 20h30. En Espagne, 21h30, en Argentine, 22h30. Je comprends mieux pourquoi l’heure des séances est plus ou moins respectée, du moins le matin!

Pendant le congrès, on propose généralement une activité culturelle en soirée: spectacle, visite, croisière… À Istanbul, on proposait une croisière sur le fameux Bosphore. Pour ma part, j’évite souvent ce type d’activité organisée pour la bonne raison que j’aime mieux visiter par moi-même, seule ou avec un petit groupe de personnes, à mon rythme. Cette fois-ci, le congrès était à Paris et aucune activité n’était proposée. Cependant, comme le congrès avait lieu dans le 15e arrondissement, non loin de la Tour Eiffel, des Invalides, il était facile d’en profiter par nous-même!

Le dimanche précédant le congrès, comme le décalage était déjà bien encaissé, j’ai fait une grande virée à pied avec quelques portions en bus, ce qui m’a permis d’apprécier l’excellente organisation du réseau de bus à Paris. Avec la petite carte touristique qu’on m’avait remise, je me suis bien débrouillée. Bon, il aurait été plus efficace d’avoir les arrêts de bus sur la carte des rues, mais le croisement des infos était possible avec un peu de persévérance! Quand on arrive à un arrêt de bus, un afficheur numérique indique les deux prochains bus et l’heure de passage. On y trouve aussi une carte détaillée des lignes passant par cet arrêt. Dans le bus, un afficheur numérique indique aussi les quelques prochains arrêts. Dans un pays étranger, quand on ne parle pas la langue, ce détail peut s’avérer très utile (ce qui n’était pas mon cas à Paris évidemment, mais à Amsterdam si). De plus, on peut payer directement à bord du bus et le chauffeur nous rend la monnaie. Aucune obligation d’avoir l’argent exact. Par contre, il ne faut pas oublier de composter ensuite le ticket. À Amsterdam, il ne faut pas oublier d’enregistrer la carte en montant ET en descendant du tramway. Comme le coût d’un trajet est calculé en fonction de la distance parcourue (selon le nombre d’arrêts), si on oublie d’enregistrer la carte en sortant, c’est le coût d’un trajet complet (4 euros) qui est chargé plutôt qu’environ 50 cents pour un trajet de 4 ou 5 arrêts. Ça nous arrive tous au m0ins une fois, même si un message enregistré nous rappelle à chaque arrêt «Don’t forget to check out your chipkaart (chipcard)».

Bref, voyager en travaillant, c’est simple et agréable pour qui se donne la peine d’en profiter un peu, de l’organiser, de saisir l’occasion d’aller à la rencontre des gens et de leur mode de vie. Si vous le voulez, vous pouvez toujours garder vos habitudes et aller souper à 19h30 à Buenos Aires, mais vous serez les seuls dans un resto désert… à 22h30, vous serez au coeur de l’action, ce qui sera beaucoup plus mémorable!

Et vous, quels sont ces petits détails de décalage culturel dont vous vous souvenez avec plaisir ou qui vous ont demandé quelques ajustements?

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2 commentaires pour Voyager formule no 2: s’amuser en travaillant

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