Monsieur Lazhar: personne bien intentionnée

Voilà, c’est fait. J’ai finalement réussi à aller voir Monsieur Lazhar ce soir. Film de Philippe Falardeau, d’après une pièce de théâtre d’Évelyne  de la Chenelière (qui joue d’ailleurs la mère d’Alice, une des enfants de la classe). Si le film plaît autant c’est en grande partie, à mon avis, grâce à la très belle tension dramatique élaborée par l’auteure. Bonne nouvelle pour le cinéma québécois, la salle était comble. Bon, c’est mardi soir, la réduction  de prix incite les cinéphiles à sortir, mais il est à l’affiche depuis presque un mois et ce soir, il était présenté dans deux salles. Il faut se réjouir pour le cinéma, un peu moins pour la profession enseignante.

Je ne bouderai pas mon plaisir. Il s’agit d’un très beau film, de silences et de rapports humains. On est touché par les enfants, ému par ce qu’ils vivent. Pour une incursion encore plus poignante dans l’univers des enfants qui vivent un deuil, je recommande le film Ponette.

Je me réjouis moins de la représentation que le film véhicule (encore et toujours) au sujet d’un enseignant, comme si toute personne bien intentionnée pouvait enseigner aujourd’hui dans une classe du primaire. Et le faire bien. Être attentif, voire attentionné, envers des enfants de 11 et 12 ans, c’est sûrement permis à de nombreuses personnes. Va donc pour la mission éducative. Mais qu’en est-il de la mission d’instruction et de qualification? «Les enfants s’en sortent très bien, souligne la directrice.» Les notes au bulletin se maintiennent et, pour ça, aucune formation spécifique ne serait nécessaire? Le film véhicule une image idéalisée et passéiste de l’enseignement (sans rien dire de l’apprentissage): dictée, rehaussement de la «culture» (représentée par des oeuvres françaises, s’il-vous-plaît, c’est beaucoup plus cultivé) et la bonne vieille grammaire. Le film reproduit des préjugés au sujet des connaissances de la profession enseignante. Comme s’il suffisait de  passion, de patience et de culture pour bien enseigner. C’est nécessaire, voire essentiel, mais jamais suffisant. À lire les critiques du film dans un site de cinéma, les gens sont ravis que Falardeau égratignent au passage le système scolaire québécois.

Dommage.

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