Plats C: bonheur et délectation entre amis

Enfin! Nous avons repris la «tradition» de nos repas ludiques et gastronomiques entre amis. On avait inauguré l’expérience au mois de mars avec les plats A. Je vous rappelle le principe: trois plats, une lettre, trois ingrédients commençant par cette lettre pour chacun. On alterne les plats à chaque fois. J’avais fait l’entrée des plats A et le plat principal des plats B, un mois plus tard, en avril. Puis un été a passé, une nouvelle saison des Chefs!, un automne et finalement hier soir, nous remettons enfin le projet de Plats C sur la table! Oh! Oh! Quel jeu de mots!

On se trouve chez C. et G. parce que c’est plus pratique pour Loulou, l’attraction fatale d’un an. Quand j’arrive, il en est à sa purée de carottes blanches et poulet. Erreur! Il détourne son intérêt de son repas et veut tout me montrer: «Ga!». Entre ses sollicitations, C. et moi nous donnons les dernières nouvelles: le travail, la santé, les fêtes familiales, les cadeaux concoctés. Aaaaah, ça fait du bien. On est vendredi soir, on se retrouve en bonne compagnie, on relaxe. «Ga!» Oui Loulou, il est beau le sapin! G. arrive, on parle études, projets futurs, changement de travail, commencement d’un nouveau cycle à l’image des jours qui commencent à rallonger depuis le 21 décembre. Y’a de quoi festoyer. Santé!

J’ai apporté un petit Brouilly pour l’apéro: on prend simplement des olives, on ne veut pas se couper l’appétit. Le petit Loulou pique alors sa crise. Il adore les olives Kalamata. Ça me fascine toujours de constater à quel point les enfants ont déjà des désirs bien précis et les idées très arrêtées. Ses parents lui tendent quelques morceaux d’olives, question qu’il n’avale pas le noyau. Ça ne fait pas son affaire, il veut, comme nous, une olive entière. Wouah! C. lui coupe alors une olive, enlève le noyau et rassemble les deux moitiés pour leur donner l’apparence d’une olive entière; elle «la» repose sur le comptoir pour que Loulou «la» prenne par lui-même. Le subterfuge a fonctionné, une seconde et quart. Wouah! Il lâche le tout et pointe une olive entière. C’est fas-ci-nant! Bon, on fait diversion, on l’amène jouer aux camions. On parvient finalement à prendre nos premières gorgées de vin. On s’occupe encore un peu de Loulou, on placote au salon, puis l’heure du dodo arrive pour Loulou. Pour nous, les «grands» Chefs (!), c’est l’heure de la dégustation qui sonne.

Entre temps, chef G. finalise son entrée. On s’installe à table et, pour l’occasion, C. l’a dressée avec la nappe de Noël et l’argenterie familiales. Faire du spécial, simplement. On passe au Muscadet. G. nous a concocté un gratin de fruits de mer. Je tente de découvrir les aliments C. Une bouchée: calmars. Une autre bouchée: crevettes. Quelques autres bouchées, je cherche, je cherche, je pense à pétoncle, mais ça ne commence pas par C. Avec un peu d’aide, je trouve finalement:  coquilles St-Jacques. Ça m’impressionne toujours autant quelqu’un qui cuisine si facilement les fruits de mer. Chez moi, enfant, ça n’existait pas. Ma mère n’aime pas le poisson, ça ne sent pas bon, imaginez les fruits de mer! Pour G., d’origine française, ça semble aussi facile que cuire du steak haché! Tant mieux, j’en profite! L’entrée du chef G. est bien équilibrée, pas trop salée, juste bien gratinée, malgré l’alarme!  Pendant ce temps, on parle livres de cuisine. G. me montre celui qu’il a reçu  un jour de son père et C. celui qu’elle offrira au sien.

Pour le plat principal, chef C. s’est métamorphosée en artiste du piercing. Elle a fait des poitrines de poulet farcies au pesto et cheddar, servies avec des carottes. Où est le 3e C? Il se cache dans l’alphabet anglais: chicken! Les poitrines ainsi aplaties et roulées avaient besoin de cure-dents pour tenir bien en place pendant la cuisson.  C’est une recette inspirée justement du livre de recettes qu’elle va offrir à son papa caressant l’idée (depuis plusieurs années) de se mettre à cuisiner. Un bon livre de base pour adultes, et non pour de jeunes adultes qui partent en appartement, ce n’est pas facile à trouver! Celui qu’elle a déniché est simple et bien illustré. Il propose  des recettes alléchantes, comme ce poulet délicieux. Bon, il a fallu prolonger un peu le temps de cuisson indiqué dans le livre, mais ça nous permet de discuter des raisons probables: à cause du fromage à l’intérieur, de l’épaisseur de la viande, de l’utilisation du côté plat ou pointu du pilon à viande.

Finalement la lettre C pour un dessert, c’est assez facile, y’a beaucoup de choix… Mais trop c’est comme pas assez! J’ai changé mille fois d’idées. Retour en arrière. Au mois d’avril, quand j’envisageais les plats C, j’avais pensé au citron. Je raffole du citron en dessert. C’est frais, c’est savoureux, ça sature les papilles. Avec les belles journées qui arrivent, en mai, ça m’inspirait beaucoup. Le citron au mois de décembre… j’étais moins inspirée et surtout, venu le temps de penser le marier avec deux autres aliments C, j’étais plus embêtée. Café? Chocolat? Canneberges? Je ne savais plus trop.

C’est encore un restaurant qui m’a finalement apporté l’inspiration, comme pour l’entrée A. Vous vous souvenez ma visite au Troquet, ce bistro à Paris où j’avais dégusté des cerises en jubilé avec un sorbet de fromage blanc? Voilà! Des cerises, ça se marie bien avec la crème (glacée) et le chocolat. Alors, je me suis mise à chercher la technique de ces cerises en jubilé. Le chef du bistro m’avait dit qu’il les avait fait revenir dans un jus de petits fruits et du vin. Sur Internet, je trouve de tout: dans du beurre, de la gelée de groseilles ou encore du porto. J’opte pour le porto (héhé!). En allant faire les courses à l’épicerie, je trouve de la gelée de groseilles. J’en prends un pot au cas où le porto ne soit pas un succès.

Sur place, au moment de cuire les cerises, j’opte finalement pour un mariage des deux dont je suis assez satisfaite. Sauf que je n’ai pas assez faire réduire la sauce, elle était plus liquide que sirupeuse. C’est pour le chocolat que je me suis creusé le ciboulot. Après un peu de recherche, je me suis lancée dans une tentative créative: des cigares à la ganache en pâte phyllo. (C’est ce que j’étais en train de faire jeudi soir en écoutant le conte de Fred Pellerin). Tout se passe bien, mais deux ou trois minutes avant qu’ils soient bien dorés, tout explose dans le four, le chocolat se répand, les cigares se barbouillent. Déception. Malgré tout, j’en réchappe quelques-uns assez présentables.

Pour la crème glacée, je cherche sur Internet les points de vente des produits du Bilboquet. Vendredi, je n’ai pas le temps de passer sur Bernard. Je tente la Crémerie Meu Meu sur St-Denis en me rendant chez mes amis. Joyeux Noël. Fermé. Je me rabats donc sur un petit pot de crème glacée à la vanille Häagen-Dazs dont, après vérification, le premier ingrédient est bien la crème, contrairement aux pots voisins, au titre trompeur de «Gelato». Avant de servir, j’ai finalisé les cerises en les flambant au Kirsch, ce qui me rend bien nerveuse. Je n’ai pas souvenir avoir déjà tenté cette manoeuvre. Chef G. m’a donné un coup de main. Entreprise sécuritairement réussie! Étape finale: le montage m’embête un peu. Comment éviter que le cigare ne se mouille dans le jus de jubilé et que la crème glacée ne fonde avant la dégustation? Comment disposer le tout de façon attrayante? Je prévoyais acheter de belles assiettes rectangulaires. Au seul magasin où j’ai eu le temps d’arrêter la veille, rien qui ne me satisfasse. Par chance, on en a trouvé chez G. et C. Voilà, c’est pas pire pantoute! Ah oui, j’ai rajouté une quenelle de crème glacée après la photo avant de servir, c’était beaucoup mieux!

Encore une fois, on a placoté, dégusté, commenté les plats, l’organisation, les améliorations et surtout, on a commencé à s’inquiéter pour la prochaine «compétition»: les plats D. En cherchant bien, on a trouvé, côté protéines, dinde et dorade. Pour les légumes: daikon. Pour les fruits: durian. En anglais, on a trouvé duck, dill and dandelion. C’est à peu près tout. Y’en n’aura pas de facile, comme ils disent à propos d’événements sportifs. Ce qui prouve que la cuisine, c’est du sport! Vous avez des suggestions de plan de match? Anyway, difficile, pas difficile, j’ai déjà hâte à la prochaine fois.  V., tu viens nous donner un coup de main? Peu importe ce qu’on va cuisiner, on va assurément passer un bon moment! Je vous en souhaite autant pendant vos réunions familiales et amicales.

MàJ 27 décembre 2011. Je viens d’apprendre que, des cerises en jubilé, c’est ce que sert Charles Muntz à Carl Fredricksen. Qui sont-ils? Deux grands explorateurs de l’Amérique du Sud… dans le film d’animation Up (Là-haut).

MàJ. 7 juillet 2012. J’ai adapté la recette des cerises en jubilé en version «du terroir québécois» pour des invités français: fraises en jubilé. Même recette, tout aussi savoureuse. En accompagnement, de la crème glacée Coaticook, des flocons d’érable (vraiment excellents) et des biscuits Leclerc Célébration au chocolat noir à l’effigie du Château Frontenac. Je me trouvais kétaine et je trouvais ça drôle, mais sans rien sacrifier au goût… On en a redemandé! Yé!

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3 commentaires pour Plats C: bonheur et délectation entre amis

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