Ironie de la vie…

Après avoir réfléchi avec Guy Delisle cette semaine aux paradoxes, sinon aux dérapages des religions dans le monde, ironie de la vie, je me suis retrouvée à l’église aujourd’hui. Pour les funérailles d’une cousine. Si je ne prends en compte que la qualité des relations humaines que j’y ai observée, ce fut une expérience positive.

Dans ma vie d’athée post-moderne, il y a peu d’occasion de souligner les étapes importantes de la vie. J’en discute quelques fois, quoique brièvement avec mes amis. L’arrivée d’un enfant et la mort d’un parent sont les étapes qui me semblent les plus importantes, qu’on passe dorénavant presque sous silence. Quel sens prennent ces événements dans nos vies? Pas juste dans celle des parents concernés, mais de la parenté, sinon de la communauté. Où sont passés nos liens sociaux? Si je prends l’église à l’échelle de «ma» communauté, c’est ce qu’elle représentait. Un espace de socialisation et de rassemblement… Et j’y ai été socialisée jeune. Servante de messe et enfant de choeur. Eh oui mes amis. Je ne peux pas dire que ce sont des souvenirs douloureux, ni vraiment marquants. Je me souviens de l’attente que j’y ressentais. L’attente que la messe finisse pour aller jouer ou tout simplement bouger. L’attente d’entendre le «petit Jésus», ou «Dieu», enfin me répondre… En vain. Une ou deux paroles mémorables, ma réponse à la question du curé sur ce qui me semblait le pire: mourir ou souffrir. Souffrir. Et j’aurais toujours la même réponse aujourd’hui qu’à 10 ans, même si j’ai pris conscience brusquement, un jour, après coup que ma vie aurait pu se terminer là au coin de St-Laurent et Jean-Talon. Mourir ne me fait pas vraiment peur. C’est la vie. Ça ne me choque pas, ça ne me révolte pas. Aujourd’hui, ce qui m’a fait pleurer n’est pas la mort de ma cousine, mais la peine de ses enfants, de ses soeurs et surtout de ses parents qui, à 80 ans passés, trouvent que la vie est injuste de voir partir leur fille avant eux.

Ce matin, j’ai laissé de côté toutes mes récriminations envers l’Église, l’organisation, l’institution et je suis allée à l’église présenter mes condoléances. Offrir ma main, quelques mots, mon regard, un peu de chaleur humaine. Rien de plus et pourtant. Je sais le bien que ça peut faire. Je sais l’importance de se sentir entouré. De réaliser que la personne qu’on aime n’a pas vécu sa vie en vain. Dans cette petite église du 19e siècle, au décor de bois humble mais de bon goût, une communauté était rassemblée pour soutenir moralement une famille en deuil. Même le prêtre était chaleureux et sincère. Je ne me suis pas agenouillée, je n’ai pas communié, je n’ai pas prié dieu. Je n’ai toujours pas compris le sens des paroles du Christ. Mais aujourd’hui, je suis allée à l’église et je n’aurais pas pu faire mieux.

J’y pense. Ma mère a aussi insisté pour qu’on passe au cimetière qui y est adjacent, où mon père est enterré. Je n’y aurais pas pensé. Je réalise maintenant que c’est là que je devrais moi aussi m’y faire enterrer. Ça aurait du sens, même si personne n’ira vraisemblablement se recueillir sur ma tombe. Sinon quoi?

A propos Curieuse d'idées

À sa naissance, elle entre dans le monde de la curiosité. Elle n'est pas à la veille d'en sortir!
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