Plats H: multiples défis

Samedi soir, 6e round du championnat amical cuisine ludique! J’avais d’autres projets en chantier quand j’ai reçu le téléphone de Chef C. pour fixer la prochaine rencontre, ce même soir. Premier défi: réfléchir, décider, organiser et préparer le menu en environ 6 heures. Bon d’accord, j’avais déjà pensé à quelques idées et je savais déjà, depuis le précédent défi Plats G, fin février, que j’aurais le dessert et que ce serait la lettre H. Mais bon, H… ce n’est pas évident. J’avais quelques aliments pour mon plan… En avais-je assez? Deuxième défi, compte tenu du temps dont je disposais, j’ai décidé que j’allais m’organiser avec ce que j’avais, sans aller faire des courses… ou presque!

Je suis arrivée vers 19h à la cuisine officielle du défi, celle des chefs C. et G. Ça sent déjà bon dans la maisonnée. Comme à mon habitude, je cogne quelques coups rythmés à la porte, puis j’entre sans attendre qu’on vienne appuyer sur le bouton qui permet de déverrouiller. Je lance : Allô! Et Chef C., comme à son habitude, lance mon nom tout de long. Et puis j’adresse quelques mots au petit Loulou. Cette fois, je choisis: Coucou Loulou! J’entends quelques pas rapides… et j’aperçois finalement un petit minois à travers la barrière de sécurité en haut de l’escalier. La petite terreur blonde m’offre un joli sourire et trépigne d’impatience d’ouvrir la barrière. Quelle hospitalité! J’essaie de lui voler un baiser de «matante» au passage, mais il est plus intéressé par la volonté de refermer la barrière que de me démontrer son affection. Pas encore deux ans et déjà si indépendant! Ha! Ha!

Chef G. fait son apparition. Il me demande si je veux voir la surprise. Évidemment! Il me montre la 1re préparation de bière maison qui est en train de fermenter. Vingt litres! Je remarque aussi le nouveau cadre installé dans le salon: une jolie photo de leur voyage en Australie, fait l’an passé. Déjà. On se sert un petit verre de vin rouge, on prépare quelques croûtons de pâté. Loulou, évidemment, en veut. On passe aux noix de Grenoble, mais il préfère de loin les raisins secs. Le temps de le dire, le petit Loulou est en pyjama, il vient nous dire, à sa façon, bonne nuit et retourne dans sa chambre, sans plus de cérémonie.

Chef G. se met alors au petit fourneau pour finaliser son entrée. Il prépare d’abord ce qui ressemble à des lichettes de pain de maïs. Il met ensuite trois beaux morceaux de halibut au four, avec quelques lamelles de hareng fumé, des graines de sésame noir et des grains de coriandre. Pendant que ça cuit, il met une touche finale au mélange de haricots mungo et d’édamames. Il monte l’assiette et termine le tout en la nappant d’une onctueuse sauce: un fond de beurre blanc, rehaussé de mirin et de deux harissa, l’une que je lui ai offerte, rapportée de Turquie et l’autre, habituelle, qu’on retrouve en tube à l’épicerie. Encore une fois, la sauce est épatante. L’entrée est délicieuse, craquante et moelleuse, bien équilibrée.

On a hésité entre un vin rouge ou un vin blanc pour cette entrée. Chef C. avait déjà décidé que ce serait un vin blanc en accompagnement du plat principal, nous avons donc penché pour le goûter avec l’entrée: Chéreau Carré 2010 Muscadet Sèvre et Maine sur lie. Un vin jeune, pétillant, frais, un brin acide, une belle couleur jaune tirant sur le vert (c’est écrit dans le site de la SAQ).

Chef C. est déjà prête pour son service quand nous le sommes. On poursuit dans la continuité, mais avec une autre twist, comme aiment à le dire, ces jours-ci, tous les chroniqueurs gastronomiques. Elle nous sert un duo de poissons, halibut et doré jaune, en croûte d’amande et hemp seeds, cuit à la perfection. Les deux chairs se ressemblent, mais nous préférons tous la chair tendre et un peu plus grasse du flétan (halibut). En accompagnement, un duo de haricots, verts et jaunes, aromatisés à l’ail, au gingembre et à la sauce de poisson et hoisin. Le mélange est très bien équilibré. Des oignons caramélisés complètent l’accompagnement. En guise de sauce et de contraste, tout simplement, mais très judicieusement, elle dépose quelques millilitres de sauce soya foncé. La twist asiatique réussit vraiment à la Chef C.

Enfin, pour le dessert, je préviens mes compagnons que ce sera très simple. En fait, j’ai presque failli échouer au défi, puisque j’ai trouvé in extremis mon 3e ingrédient: du halvah. J’avais quand même un plan B, si je n’en trouvais pas. J’ai apporté un vin rouge Tempranillo Hoya de Cadenas Reserva Utiel-Requena 2007 que j’avais, par miracle, déjà dans ma réserve! J’insiste pour qu’on l’ouvre, même si on n’a pas encore tout à fait terminé le blanc et même si l’énergie commence à décliner. Je suis curieuse de le goûter avec le dessert que j’ai préparé puisque la note de dégustation de la SAQ indique des flaveurs de myrtille et de pâtisserie, et un nez exhalant des arômes dominants de cerise et de vanille. Il se marie, à mon avis, effectivement bien, mais j’en prends, en tout et pour tout, deux gorgées ou à peu près.

C’est donc moi, chef Curieuse d’idées, qui faisait le dessert avec les aliments H, et ce fut tout un défi de trouver des aliments H pour le dessert! En plus, j’avais décidé de m’organiser avec ce que j’avais en main pour le préparer, deuxième défi. Flashback à midi. J’ai réglé rapidement les premiers H en faisant des tuiles de hazelnut, honey, riz soufflé et amandes (parce que je n’avais pas assez de noisettes pour la recette complète). Ce fut un peu compliqué pour les déloger du papier ciré (j’aurais dû prendre du papier sulfurisé, mais vous comprenez maintenant que je n’en avais pas chez moi). J’avais aussi le goût de faire un dessert que j’avais déjà fait, et qui avait remporté beaucoup de succès: un flan au yogourt. Je n’avais pas assez de lait, alors je l’ai remplacé par du lait de soya aux amandes. J’ai utilisé des fleurs d’orangers confites*, reçues en cadeau du Liban, et j’en ai déposé trois au fond de chaque plat pour contraster avec le blanc (malheureusement, elles ont décoloré pendant l’attente). Je pouvais complètement échouer mon défi puisque, selon les indications, il faut laisser reposer le flan une nuit. J’avais 6 heures. J’étais bien nerveuse au démoulage, mais finalement, tout se tenait. Comme je n’avais pas la quantité suffisante de yogourt pour la portion de gélatine que j’avais, j’ai décidé de verser le reste dans une grande assiette pour voir ce que ça ferait. Peut-être allais-je utiliser ce restant? En attendant que ça fige, je décide de faire un petit coulis de fruits des champs, avec des fraises, des bleuets et des mûres que j’avais au congélateur. Ça ferait une touche de couleur et d’acidité. Je craignais que le flan soit trop sucré avec le lait aux amandes, en plus, il était accompagné de tuiles au miel. Une touche d’acidité ne ferait pas de mal. Il me manquait toujours un 3e ingrédient H. Je pensais au halvah, mais je ne savais pas trop quoi faire avec. Peut-être une croûte au flan. Ou… une autre idée avait mûri… faire comme un mille-feuilles avec le restant de gélatine, la purée de fruits des champs. J’ai donc fait des «feuilles» de gélatine avec un joli emporte-pièce (qui ressemblaient davantage à des raviolis, dixit les deux autres chefs!). J’ai réparti sur chacune un peu de purée et du halvah égrené. J’en ai fait trois étages.

Je me suis bien éclatée, encore une fois, pour le montage. J’ai décoré avec quelques fruits des champs frais et de la purée de fruits. J’avais l’impression de faire un tableau abstrait! Je me prenais pour Miró, à jouer avec les formes, les couleurs, les textures, la composition et l’équilibre! Pour la décoration, je ne suis pas certaine d’avoir relevé le défi de savoir m’arrêter! Somme toute, c’était un dessert correct. Bien frais. Le flan de yogourt a encore fait bonne impression, les tuiles aussi, mais j’aurais perdu des points au vrai combat Les chefs!, puisque les aliments H n’étaient pas vraiment mis en valeur. Je suis contente de mon exploration du mille-feuilles. Le résultat n’était pas trop impressionnant, le halvah se mariait mal aux autres ingrédients et n’apportait pas tant la touche craquante que j’espérais. Mais je suis contente de l’avoir essayé, dans l’esprit de faire quelque chose avec les restants du flan!

Rien ne se perd, tout se crée! Vive l’imagination!

* Il s’agit plus précisément d’une confiture de fleurs de bigaradier, dit orange amère (citrus aurantium). C’est avec l’essence de son zeste qu’on fait le cointreau, le Grand Marnier et le triple sec.

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3 commentaires pour Plats H: multiples défis

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