Reprendre ses vieilles routines (gourmandes) dans la vieille capitale

En visite dans la vieille capitale le weekend de la Fête nationale, j’ai fait mon pèlerinage de quelques endroits, surtout des restos!, que je fréquentais quand j’y habitais. Voici donc quelques suggestions, si jamais vous faites une escapade à Québec.

Si vous vous y rendez en train, comme moi, il faut absolument descendre à la gare de Québec, construite en 1915 par l’architecte américain Edward Prindle, dans le style Château (comme le fameux Château Frontenac). En sortant par la porte principale, vous vous trouverez face à une belle place publique dotée depuis 1999 d’une magnifique sculpture-fontaine Éclatement II du sculpteur Charles Daudelin, dont j’ai pu admirer une oeuvre similaire, L’Embâcle, à la Place du Québec à Paris. En traversant cette place, puis la rue St-Paul, vous vous trouverez au pas de la porte du restaurant Pizza Mag, franchement la meilleure pizza à Québec, pour sa croûte mi-fine, tendre et croustillante, et pour ses ingrédients de première qualité. J’y ai commandé, pour apporter, deux pizzas, ne pouvant en choisir qu’une seule: la Stromboli s’est avérée trop épicée pour notre goût ce soir-là, mais la pizza au canard et poires a ravi nos papilles, moi qui suis plutôt traditionnelle dans mes choix de pizzas. Si vous le souhaitez, vous pouvez manger à l’intérieur, sinon il y a quelques tables en terrasse. Non loin, vous pourriez aller voir le Moulin à images, ce que je n’ai pas fait, puisque je l’avais déjà vu.

Le lendemain, direction quartier Saint-Roch, dit le Nouvo Saint-Roch pour les branchés. On longe le complexe Méduse, puis on traverse le Jardin Saint-Roch qui a, en quelque sorte, lancé la revitalisation de ce quartier dans les années 1990 et dont la vue, après quelques années, suscite chez moi quelques commentaires. Je suis surprise par l’aménagement des arbres en «forêt» dense, qui n’offre somme toute que peu d’ombre aux flâneurs: ou bien on est au gros soleil ou on est à l’ombre en y passant, mais sans pouvoir s’allonger sur le gazon. L’arrière-plan est toujours aussi monumental. On poursuit vers la rue St-Joseph. Après maintes hésitations, on s’arrête finalement au Pub du Parvis, baptisé ainsi parce que non loin de l’église Saint-Roch. Ambiance de pub en cette journée de match de l’Euro 2012. Mon hôte opte pour un hamburger, tandis que je choisis une simple entrée de tartare de saumon. Si la portion n’est pas suffisante pour mon appétit, que je ne veux pas couper pour le soir compte tenu de l’heure, je commanderai autre chose. Finalement, la portion s’avère généreuse et le goût très savoureux. Je suis ravie.

Le soir, bref quelques heures plus tard, avec mon hôte et un ami, nous essayons un nouveau restaurant sur la rue Cartier, au même endroit où nous allions souvent manger. Il s’agit du Bistro B, dont le chef est François Blais (d’où le B, je suppose!). J’aime beaucoup la nouvelle déco, épurée, un contraste avec le précédent occupant des lieux, le Momento. L’endroit se veut branché et décontracté. On nous propose le menu des apéros sur un iPad, dont les liens ne fonctionnent pas toujours. J’y suis allée de mes critères (un peu citronné, frais, pas fruité, pas sucré) et on m’a recommandé un drink à base de cognac. J’ai beaucoup aimé. Le menu pour les entrées et les plats est à l’ardoise. Surprise! On n’y trouve que quelques choix, intéressants, mais traditionnels. J’opte pour deux entrées: la salade romaine, un coeur coupé en deux, une belle façon de servir. Très tendre, mais quelques bouts avaient été coupés, puisque fanés, je suppose. Je me serais attendue à une présentation impeccable pour une telle entrée et pour un chef qui se respecte. J’ai ensuite pris les ris de veau aux morilles, servi en panure croustillante, mais en un seul morceau. Je préfère quand on me le sert en petites bouchées, bien détaillées… et quand il y a plus de morilles. Par contre, le vin, tous d’importation privée, donc à prix élevé, qu’on nous a recommandé était fort délicieux et accompagnait très bien nos différentes entrées et plats variés. J’ai laissé passer les desserts, même si ceux-ci me semblaient, de loin, les plats les plus originaux du menu. Mes acolytes ont terminé le repas avec un scotch écossais et moi, je crois, en terminant mon vin. Une bonne expérience, en général, mais on s’attendait (ou espérait) un peu plus… pour le prix et la réputation de cet ancien chef du Panache.

Un petit tour à la Fête nationale sur les Plaines, dont je ne dirai pas grand-chose sinon que c’était… ennuyeux. Cet article paru dans La Presse le lendemain résume mon opinion.

Pour le brunch dominicale, par un temps splendide, quelle destination plus appropriée que le Café du Monde. Constance et qualité assurées. Un déjeuner, c’est un déjeuner, mais les petits détails font la différence: oeufs pochés juste mollets, tels que demandés, choix de pain baguette et confiture aux framboises maison, servie en petite coupe, pas trop sucrée et sans pépin. Merveilleux. Café espresso, comme il se doit. La vue sur le majestueux fleuve Saint-Laurent et sur l’Île d’Orléans au loin provoque même chez moi quelques soupirs. Je ne m’en lasse pas. On poursuit notre promenade le long du fleuve puis de la rivière Saint-Charles, vers le marché du Vieux-Port. En remontant vers la Haute-Ville, nous nous sommes dirigés vers la fontaine de Tourny et l’Assemblée nationale dont les abords ont été agréablement aménagés.

Pour le repas du soir, retour sur la rue Cartier, au Métropolitain: Eddie sushi bar. Ah, ce n’est pas le décor underground branché de ses premières années avec ses grosses colonnes rouges et son système de son digne d’un bar. Mais les sushis sont encore très bons. On ne se casse pas la tête, on partage un Love Boat. Les assiettes combo ne sont pas mon choix favori habituellement puisque les chefs mettent souvent plus de makis que de sushis, et optent souvent pour des «poissons» grand public (saumon, saumon fumé, crevettes), tandis que j’aime plutôt l’anguille, le pétoncle, le maquereau. Il n’y avait qu’un seul sashimi, mais de thon à queue jaune, très fin, par ailleurs. Toutefois, je n’ai pas eu à me forcer pour les choisir! Très bonne soupe en entrée et un vin blanc frais pour accompagner.

Impossible d’aller à Québec sans aller au Clap, cinéma indépendant où j’ai vu tant de bons films qui n’étaient pas présentés ailleurs, surtout étrangers et souvent en version originale sous-titrée en français. Si vous ne connaissez pas la ville, c’est un peu excentré par rapport aux quartiers touristiques et l’endroit ne paie vraiment pas de mine, loin de là. Une horreur d’architecture, un bâtiment appelé la Pyramide de Ste-Foy entouré d’un énorme stationnement. Mais bon, la programmation vaut le détour. Nous sommes allés voir Habemus Papam: nous avons un pape de Nanni Moretti. Intéressant. Sans plus. Ça arrive… Si vous avez une fringale, en vous dirigeant un peu plus vers Ste-Foy, vous trouverez Chez Victor où on sert d’excellents hamburgers (vraiment) et de délicieuses frites de type belge. Sinon, vous pouvez toujours essayer la succursale qui vient d’ouvrir dans le Vieux-Port, non loin de la Gare. Nous avons plutôt opté, non pour un repas plus santé, mais pour un autre quartier, dans Sillery, sur la rue Maguire. Attention, les noms anglais à Québec, se prononcent… avec l’accent de Québec. Il faut dire: Magouare (en ouvrant bien le «a», pour faire un peu snob!). Direction Brynd pour un traditionnel smoked meat, salade de chou, cornichon et frite, accompagné d’une bonne bière. Pour y aller ou au retour (ou à un autre moment du séjour), nous avons emprunté la magnifique promenade Samuel-De Champlain.

Repus, on retourne au condo écouter un énième dvd, qui ne nous soulève pas, encore une fois, ce n’est pas peine d’avoir essayé. La palme va à Mon pire cauchemar: on n’aurait pas pu trouver un meilleur titre pour ce film bourré de clichés. Prière de s’abstenir.

Lendemain midi, direction Musée national des beaux-arts du Québec, pour aller voir l’exposition Au pays des merveilles: les aventures surréalistes des femmes artistes du Mexique et des États-Unis (dont je vous entretiendrai certainement dans un prochain billet). Nous passons par le Jardin Jeanne-d’Arc, sur les Plaines d’Abraham, que j’aime voir au soleil ou sous la pluie, comme ce jour-là. Nous faisons à nouveau halte sur Cartier, cette fois au repère des intellos-baba-cool de Québec, au Café Krieghoff, dont la terrasse est probablement la première à ouvrir et la dernière à fermer de la région. La serveuse nous propose plutôt la terrasse à l’arrière et nous acceptons son offre. Après maintes hésitations, j’opte pour le menu du jour, excellente soupe de poulet, simple mais bien goûteuse, et la quiche brocoli et féta, qui s’avère plus décevante, mais de portion généreuse, servie avec une belle salade. Un café espresso pour terminer.

Autrement, pour les autres déjeuners, j’ai eu droit à d’excellents croissants au beurre, mais vraiment au beurre, et de bons pains de la Boulangerie artisanale Paul, chemin St-Louis, encore une fois, hors des sentiers touristiques, à Sillery. Au Paingruël, sur St-Jean, s’avérera peut-être plus à proximité et aussi réjouissant. J’y ai déjà acheté un panier de pains (dont le panier était… en pain) à offrir en cadeau et avec lesquels on m’avait conseillé des fromages à marier. Les suggestions furent judicieuces. Non loin, si vous avez encore faim, il faut aller prendre un gelato chez Tutto Gelato. C’est plutôt à la succursale rue Cartier que nous nous sommes rendus après le précédent souper sushis et je ne me souviens plus quelle saveur j’ai dégustée. Mes habituelles saveurs, à l’époque, étaient: vanille (parce que pour moi, une bonne crème glacée se juge à la saveur de vanille), pistache ou alors chocolat Gianduia. Il faut reconnaître que les choix se sont depuis multipliés. Mon hôte a plutôt opté pour son arrêt traditionnel au Glacier Aberdeen pour une crème glacée molle.

Pour mon retour à Montréal, dans le train de 17h30, j’ai opté pour l’«assiette» de fromages, franchement pas mal (et assurément le moins pire des choix), et une bière Sleeman. Surtout, ne prenez pas de café… enfin, si vous aimez l’espresso; en fait, je n’ai jamais osé y goûter, comme partout ailleurs où on offre du café au percolateur.

Ce fut une agréable escapade dans la vieille capitale, pleine de nostalgie gourmande! Le Saint-Amour du chef Jean-Luc Boulay attendra une autre fois…

A propos Curieuse d'idées

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