«Petite» virée gaspésienne: 2000 km en 5 jours

J’ai eu la chance, cette année, de goûter à l’hospitalité gaspésienne. Li, une collègue, avait lancé une cordiale invitation à la visiter, à découvrir son coin de pays d’adoption, la Gaspésie. Ainsi, une collègue, Co, et moi avons rapidement accepté son invitation.

Nous avons donc levé les voiles lundi 16 juillet, direction Le Bic, avec un arrêt quelque part pour dîner. La faveur du vent a voulu que nous arrêtions à St-Jean-Port-Joli, capitale de la sculpture et des métiers d’art, pour faire le plein. Le restaurant Normandin ne réjouissant pas notre coeur (et notre panse), j’ai donc proposé de faire un petit détour par le village, à seulement 3 km de l’autoroute. S’il faut faire une halte, pourquoi ne pas faire en sorte qu’elle soit des plus agréables. Nous avons donc laissé notre moyen de locomotion près de la jolie église du village et exploré les alentours à la recherche d’un sympathique restaurant. Inspirées par l’odeur de café torréfié, nous nous sommes redirigées vers la route qui mène à l’autoroute. Sur notre chemin nous avons trouvé le restaurant La coureuse des grèves, bordé d’une charmante terrasse bien protégée du vent. Le menu est simple, mais alléchant. J’opte pour un des choix du menu du jour: le pain de viande sauce au porto. Délicieux. Le comble de notre bonheur, un goûteux espresso.

Nous poursuivons notre route sans plus tarder jusqu’au Bic où nous élisons domicile à l’Auberge du vieux Bicois. Un hôtel de région, sans prétention, propre et tranquille. Nous faisons d’abord un tour de reconnaissance, une marche dans le village, vers l’église, le point d’intérêt habituel, et particulièrement ici, puisqu’elle est située sur un promontoire naturel. Face à l’église, quelques résidences et un restaurant dont la terrasse verdoyante attire mon regard. Toujours prévoyante, surtout en ce qui concerne les repas, je jette un coup d’oeil au menu qui s’avère très intéressant. Malheureusement, c’est fermé le lundi. Le chef de ce restaurant, Chez St-Pierre, est en fait Colombe St-Pierre, dont le nom me dit quelque chose. En poursuivant notre route, nous croisons deux personnes discutant de façon animée sur le trottoir. Je reconnais d’abord le rythme de la voix, puis le visage de la personne: je l’ai déjà vue à la télévision et je fais alors le lien avec le nom du chef du restaurant. C’est elle! J’ai bien cherché à quelle émission je l’avais vue… Je crois que c’était à Curieux Bégin. De retour à l’Auberge, il faut bien profiter de la terrasse en y prenant un apéro, une bière pour moi, une verre de vin blanc pour Co.

Vers 18h30, nous nous rendons au Parc national du Bic pour une balade découverte du parc en minibus qui se termine au coucher de soleil. Nous avons vu juste puisque le départ est à 19h. Nous avons tout juste le temps de faire une première exploration des rives. Quel lieu enchanteur et mystérieux, ce petit chapelet d’îles bossues s’éparpillant dans le fleuve St-Laurent. La chance veut que nous ayons droit à une visite privée, puisque nous sommes les deux seules au rendez-vous ce soir-là. Le guide, un étudiant de médecine dentaire, se veut jovial et passionné. La visite durera presque deux heures, parcourant une bonne partie du parc avec plusieurs haltes à différents endroits d’intérêt, scénique, écologique ou historique. Bien que la journée ait été particulièrement couverte et que le guide doutait que nous ayons droit au coucher de soleil, notre chance s’est poursuivie. Le ciel s’est coloré de couleurs intenses, juste pour nous, au dernier moment. De plus, sur le chemin du retour, nous avons croisé un jeune cerf, qui traversait le chemin. Ce fut une visite magique!

Pendant que nous attendions que débute la visite, je me suis informée auprès d’une autre guide si nous allions pouvoir trouver un restaurant ouvert après notre ballade. Elle m’a alors assurée que nous trouverions un charmant restaurant, non loin de notre auberge. De là, j’ai donc suivi ses indications. Sans trouver le restaurant en question, nous sommes tombées, par un autre heureux hasard, sur l’Auberge du Mange-Grenouille, là où nous avions voulu réserver pour la nuit, sans succès puisque déjà complet. Ne faisant ni une ni deux, nous y sommes entrées et on nous a gentiment accueillies, dans nos atours de randonnée. L’endroit est bucolique, le décor chargé, avec une vue imprenable sur le fleuve de la terrasse. C’est à l’intérieur qu’on nous a installées, à notre grand bonheur, puisque les nuits y sont plus fraîches qu’à Montréal. Coïncidence, nos voisins de table sont les mêmes que ce midi au restaurant de St-Jean-Port-Joli! Le menu est alléchant et j’ai de la difficulté à choisir. J’opte finalement pour l’entrée de champignons sauvages et le duo queue de homard et côte courte de cerf. Je savoure particulièrement la cuisson parfaite de cette dernière. Un accord de vins était proposé avec chacun des plats et nous en avons profité! Ravies, comblées, rassasiées, nous avons conclu que la chance nous avait souri, une fois de plus! Après un rapide déjeuner à l’Auberge, moins mémorable, nous avons quitté Le Bic, en nous promettant bien d’y revenir. Pour ma part, c’est la possibilité de faire du kayak dans ce lieu pittoresque qui me ramènera et, aussi, je l’avoue, l’idée de goûter à la cuisine de Colombe St-Pierre!

L’objectif de la journée du mardi : visiter les Jardins de Métis, une première dans mon cas, depuis longtemps espérée. Je ne serai pas déçue. À la faveur d’une journée encore un peu couverte, nous y passerons un moment merveilleux, pas trop suffocant, pour admirer tout notre soûl les beautés florales du jardin. La partie traditionnelle, jardin, sous-bois, me ravira tout autant que la partie contemporaine, du Festival international de jardins. J’ai pris, l’aurez-vous deviné, des tonnes de photos, pratiquant les macros sur des fleurs, jolies, colorées, délicates, inusitées, sur les mousses et sur les fougères de toutes les formes. Dans la section festival, j’ai été éblouie par différents projets dont mes préférés: Every garden needs a shed and a lawn!, Tiny Taxonomy (photo), AlgaeGarden, Jardin de la connaissance, et plusieurs autres. WOW! Puisque pressées, nous avons pris au Café boutique situé à l’entrée, un très bon espresso en arrivant (eh oui, une fixation!) et un dîner léger, mais savoureux et original: un sandwich de saumon fumé et une savoureuse salade de pommes de terre au maquereau fumé pour ma part. On peut par contre y pousser l’expérience visuelle et olfactive, jusqu’à l’expérience gustative gastronomique à la Villa Estevan, qui célèbre cette année ses 125 ans d’existence. Ce sera, encore une fois, partie remise!

Il est déjà 15 heures (peut-être 16) et nous avons encore environ quatre heures de route avant d’arriver à destination, à la résidence secondaire de Li, à Pasbébiac. Afin de traverser la vallée de la Matapédia, nous piquons par la route située directement en face des Jardins de Métis, la route 234, et qui nous mène d’abord  à un charmant petit village qui capte mon attention, Price, du nom du fondateur de la compagnie de bois du même nom: Price Brothers. Paysage tout en vallons, on longe la rivière Matapédia par la route 132. Outre un arrêt impromptu pour aller prendre, dans le coffre arrière, un lecteur Mp3, qui nous réservera une autre surprise, un vieux St-Bernard, tout aussi baveux qu’inoffensif sorti de nulle part, cette traversée de la vallée de la Matapédia, et ses nombreuses «Rivière à saumon», sera enchanteresse. En passant par Amqui, je me suis d’ailleurs rappelée que j’avais déjà visité, il y a plusieurs années, cette municipalité. Je me promets bien de revenir explorer ses environs plus longuement. Un site Internet sur le tourisme patrimonial du Bas-St-Laurent sera à explorer avant de partir et pour y consulter une carte des paysages. Quelle idée géniale!

Nous arrivons à Paspébiac en soirée. Li, notre hôtesse, et son conjoint nous accueillent chaleureusement dans une coquette maison familiale, amoureusement entretenue et  revalorisée par eux. Une belle maison blanche à deux étages, flanquées de deux grands balcons, trône au centre d’un beau terrain. Une ancienne étable et de grands arbres mâtures complètent le paysage. Le chef attitré, appelons monsieur D., nous a concocté un plat régional qui fait notre bonheur: de la morue fraîche. Le petit déjeuner sera tout aussi réjouissant, une table garnie où chacun fait son choix parmi céréales, yogourt, petits fruits, etc. Au programme de la journée de mercredi, la visite du Site historique du Banc-de-Pêche de Paspébiac, un site industriel patrimonial. Quel magnifique lieu mis en valeur! Pour en savoir plus, on peut aussi consulter le site des Musées maritimes du Québec et le circuit historique La Route de la morue. On fait une visite guidée, rapide, mais instructive, des bâtiments principaux, puis nous déambulons à notre rythme parmi les autres lieux, dont le B.B., impressionnant entrepôt Le Boutillier Brothers qui comprend une exposition et qui donne la mesure de l’importance du commerce, et de l’exportation, de la morue aux 18e et 19e siècles. Un seul bémol, il manque une carte de localisation de cette fameuse île Jersey, d’où sont originaires les fondateurs du lieu. Nous visitons aussi la forge et la charpenterie où le maître des lieux, M. Duguay, nous séduira par sa bonne humeur, sa vivacité et son accent local (pour un aperçu, visionner la vidéo ci-après, dont la qualité sonore laisse à désirer, malheureusement).

Le site patrimonial intègre aussi des oeuvres d’art contemporain. On y trouve, pour la saison, un volet de la 3e édition des Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie. Une installation contemporaine permanente est aussi intégrée au site: Tant de soleils (2006) de François Mathieu, que j’avais déjà découverte grâce à l’émission Vu par hasard (j’apprends d’ailleurs avec réjouissance qu’une nouvelle série sera télédiffusée en 2013, bravo Suzanne Guy et Artv!).

Nous prenons ensuite le cap vers New Richmond et son Village de l’Héritage britannique en Gaspésie. On trouve une intéressante introduction ici. Comme nous arrivons en fin d’après-midi, vers 16h30, les visites guidées sont terminées et les bâtiments sont pratiquement fermés. Nous jouissons tout de même des lieux et réalisons une courte visite au Musée militaire Baie des chaleurs. Je ne suis vraiment pas portée sur la chose militaire, mais le musée est très intéressant. Les artefacts personnels des familles, des costumes, des objets, des photographies et des lettres, rendent le tout touchant et vivant, sans faire de mauvais jeu de mots. Sur le chemin du retour, nous faisons une halte à la poissonnerie locale. À la maison, nous prenons l’apéro bien installées dans les chaises de jardin, judicieusement disposées pour avoir un point de vue sur la baie des Chaleurs, pendant que le chef prépare son menu. Quel traitement royal!

Le lendemain, jeudi, flâneries à la résidence d’accueil en matinée, puis direction Nouvelle. En route, nous dînons à la Marina de Carleton, où je dégusterai – enfin – mon premier club homard, vraiment savoureux et généreux en homard. Repus, nous sommes pleins d’énergie pour visiter le Parc national de Miguasha, un site du patrimoine mondial de l’Unesco. Encore une fois, je suis éblouie par la richesse du Musée qui comprend une collection impressionnante de fossiles de la période du Devonien, il y a 380 millions d’années, l’ère des poissons, retrouvés sur place, sur la falaise de Miguasha, où se déroulent encore aujourd’hui des fouilles. Il s’agit en fait du « site fossilifère le plus exceptionnel du monde» selon l’Unesco. Les fossiles sont d’importance par leur qualité, où l’on peut observer l’évolution des espèces de poissons vers les premiers vertébrés terrestres respirant de l’air: les tétrapodes (ancêtres des reptiles et amphibiens). En effet, on voit apparaître dans les nageoires des os qui composeront plus tard, dans d’autres espèces, des pattes. Le fossile vedette de l’exposition permanente De l’eau à la terre, aussi appelé «le prince de Miguasha», est le poisson fossile Eusthenopteron foordi. Évidemment, nous avons opté pour une visite guidée, instructive, mais bien vulgarisée par une animatrice passionnée, une étudiante en biologie à l’Université Laval. Je tiens à souligner la qualité des guides-animateurs de la Sepaq, ici comme au Parc du Bic. À retenir aussi pour une prochaine visite dans un parc national, l’application mobile l‘Explorateur Parc Parcours qui donne accès à un court texte de différents lieux du parc, accompagné de cartes, de schémas et des photos. On peut aussi prolonger la découverte de différente façon: sur le blogue de Parcs Québec, le musée virtuel ou l’Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française ou de façon plus conventionnelle, en lisant un petit livre de Richard Cloutier, paléontologue et professeur à l’Université du Québec à Rimouski, Le parc national de Miguasha: de l’eau à la terre acheté à la boutique du Musée. Je ne manquerai pas non plus de visionner deux émissions de trente minutes sur le Parc de Miguasha que je viens de découvrir dans Tou.tv: Portes ouvertes… au parc national de Miguasha. Une autre façon de prolonger la découverte!

Nous faisons ensuite un détour par le mont St-Joseph pour un point de vue spectaculaire sur la baie des Chaleurs à 555m d’altitude. Une belle terrasse et des panneaux signalétiques nous informent sur le littoral et l’occupation du territoire. S’y trouve aussi l’Oratoire du Mont Saint-Joseph, dédié aux cultes de Joseph et de Marie, qui reflète la présence de la religion catholique dans la région. Des expositions d’oeuvres d’artistes locaux complètent la visite des lieux, ainsi que la petite boutique, qui ne vend pas que des oeuvres liturgiques! En redescendant, nous admirons éoliennes et cyclistes, et bifurquons par l’époustouflant camping de Carleton-sur-mer: un long bras de mer, soit une autre barre à choir, en plein milieu de la baie des Chaleurs. Vraiment hallucinant! Et pour ceux qui voudraient dormir littéralement entourés d’eau, dans la petite baie adjacente,  appelée aussi barachois, la compagnie Aventure aux 4 vents propose un séjour dans une yourte flottante. Une excursion en kayak sera aussi à retenir pour une prochaine visite.

C’est déjà presque le temps des aurevoirs, puisque nous repartons demain à la première heure. Alors pour remercier nos hôtes, nous les invitons au resto bistro Le bout d’ligne, à Maria, déniché par ma collègue Co, dans un article de la Presse: Le tour de la Gaspésie en 35 étapes: la baie des chaleurs. Nous avions réservé pour 19h et à 19h nous y étions! La Gaspésie regorge vraiment de produits locaux. J’ai goûté à une bière locale, de la microbrasserie Le Naufrageur à Carleton-sur-mer. Trois d’entre nous avons opté pour le fish n’ chips : un beau filet de morue pané et des «chips» maison. Pour ma part, j’ai bien aimé, mais l’appréciation générale a été mitigée.

Vendredi matin, à la faveur d’une superbe journée ensoleillée, Co et moi avons repris la route. Nous traverserons la péninsule gaspésienne par la route 299 et le Parc national de la Gaspésie. Nous longeons, cette fois-ci, la rivière Cascapédia et ses nombreux sites, bien gérés, de pêche au saumon. Après une courte halte au village relais de Mont-Joli, nous filons ensuite sur la route 132, le long du fleuve St-Laurent, jusqu’à Sainte-Flavie, la «porte d’entrée de la Gaspésie», où nous arrêtons pour le dîner au Centre d’art Marcel Gagnon. Toute la famille, mari, femme et enfants sont des artistes autodidactes et y exposent (et y vendent) leurs oeuvres. Le point d’attraction est sans contredit l’oeuvre d’art-nature Le Grand Rassemblement, constamment en évolution. Il s’agit d’une série de sculptures de béton armé représentant des personnages regroupés sur la rive et dans le fleuve. Si le style des oeuvres ne me plaît pas particulièrement, je salue la passion (et le sens des affaires) de cet artiste autodidacte qui s’exprime à sa façon. Tout comme pour la maison d’Arthur Villeneuve à la Pulperie de Chicoutimi, côtoyer ce genre d’artiste m’amène à reconnaître que chaque être humain à le droit de s’exprimer et de créer, sans jugement et en toute liberté. Pour ce qui est du menu, nous y avons dégusté, encore une fois, une délicieuse morue avec pomme de terre au four et généreuse salade. Et, devinez quoi, un espresso des plus corrects! Avant de reprendre la route, nous avons fait, sur la grève, une marche aux effluves maritimes, nous permettant d’emmagasiner, par tous les sens, des souvenirs  de cette mémorable virée gaspésienne.

Notre escapade s’est achevée à la tombée du jour. Nous nous sommes quittées, sur la rive du fleuve St-Laurent, moi le traversant et Co le délaissant. Cette escapade fut incroyablement remplie de riches découvertes, de paysages époustouflants et surtout de généreuse hospitalité. Je ne peux que remercier très chaleureusement nos hôtes de nous avoir si gentiment accueillies et guidées durant notre séjour inoubliable.

MàJ. 25 août 2012. Enfin! Je viens d’apprendre qu’une halte routière le long de l’autoroute 20 avait troqué le stand à mauvaises sandwichs et café insipide (et avait évité la nouvelle tendance de franchises de chaînes de restauration rapide) pour une charmante boutique de produits régionaux de Bellechasse. Je l’inscris immédiatement sur mon prochain trajet vers l’est du Québec. À St-Michel de Bellechasse, quelques kilomètres après Québec/Lévis. Me voilà plus optimiste, il y a des gens sains et allumés! Une personne y travaillant, interviewée à Bien dans son assiette, soulignait d’ailleurs que la promotion des produits régionaux est un bien meilleur ambassadeur de la région qu’un habituel kiosque d’information touristique.

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Un commentaire pour «Petite» virée gaspésienne: 2000 km en 5 jours

  1. mizouila71 dit :

    Une sympathique virée joliment racontée et surtout bien documentée. Je me suis « régalée ». Bravo!

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