Les girls, Camion et Les inséparables

C’est normal si vous ne comprenez pas le titre de ce billet. Mais il y a un lien entre tout ça: un lien humain.

Récemment, je lisais un article sur l’importance des liens d’amitié sur notre santé. Hier soir, vendredi, je soupais avec les Girls, mes girls. Mes copines de l’université. Comme ça, devenues amies intimes, par hasard, parce qu’on s’est trouvé à l’université, dans la même faculté, au même moment… mais pas vraiment par hasard qu’on est resté amies. Depuis une douzaine d’années qu’on se connaît à peu près. Ce soir, on se rappelait un peu le passé, mais quand on se rencontre, on est surtout dans le présent. Dans le moment présent, on danse, on cuisine, on placote, on fait les folles. On est. Ce soir, on était aussi un peu dans le futur. Isabella se demandait comment on serait plus tard. Notre pronostic: on sera pareilles. Depuis qu’on se connaît, on trouve qu’on n’a pas vraiment changé. C’est vrai. Nos vies, elles, ont un peu changé, plus casées, plus rangées, plus sages, mais nous, on se trouve… Je nous trouve aussi allumées, curieuses, joyeuses, moqueuses. Pleines de projets et d’idées. Qu’est-ce que tu veux de plus?, comme dirait la belle M., 5 ans qui fait son entrée à la maternelle, la relève des Girls, fille de Ratonne (et du Caballero). Je ne vous le dis pas assez souvent, les Girls, (vous l’ai-je déjà dit?) mais profondément, je vous aime. Sans vous, je serais la huerfanita… Avec vous, je suis en vie. Vivante.

La veille, j’étais allée voir Camion. Par hasard (ça aussi, ça fait partie de la vie, enfin de ma vie du moins). C’est la meilleure façon d’aller voir un film. On passe devant une salle de cinéma, on regarde le prochain film qui commence et on y va. J’avais le choix entre trois films à Excentris. J’ai choisi Camion de Rafael Ouellet, avec Julien Poulin, Patrice Dubois et Stéphane Breton. Un beau film. Un grand film. Et puis, comme dirait Isabella, c’est un film québécois, donc on se DOIT de le voir.

Je ne raconterai pas vraiment l’histoire. De toute façon, c’est dans ce qui n’est pas dit qu’elle se trouve, l’histoire. Un père, ses deux fils, chacun dans sa vie. L’un à Dégelis, dans le Bas-du-Fleuve, l’autre à Montréal et le dernier à St. John. Chacun pris, pogné, dans son histoire intérieure. Malgré tout, quand le malheur frappe, ils se rassemblent. Ils font l’effort d’offrir un support, malgré le dérangement que cela cause dans leur vie. La vie est dure, la vie est dangereuse. C’est un miracle si on est toujours en vie et en santé. C’est une chance dont on a rarement conscience si on est né dans de la ouate ou si on y vit. Pas besoin d’avoir de la grosse ouate, juste un petit coussin de ouate, un toit, un travail, des amis, voire un amoureux, une amoureuse, des enfants, un peu de temps libre… pour considérer avoir cette chance inouïe. Mais se sentir responsable, redevable, tendre la main quand l’autre a besoin, n’est-ce pas là le sens d’être humain? Quand on fait l’«effort» d’aider l’autre, celui qui en retire les bienfaits n’est peut-être pas celui qu’on pense. Un père, deux fils et la vie. Des longueurs, des silences… le temps qui passe et la vie qui fait son chemin. C’est ça l’histoire. C’est vraiment ça l’histoire? Oui, et j’en ai eu des frissons du début à la fin. Gris et lumineux.

En fouillant dans le site de TV5, j’ai découvert le documentaire Les inséparables (disponible jusqu’au 11 septembre 2012) dont L’Agenda, le guide télé du Devoir, avait parlé il y a quelques semaines. J’aime ces documentaires de gens simples, ruraux, familiaux, filiaux. Le chroniqueur avait comparé la démarche du réalisateur, Daniel Léger, au travail de Raymond Depardon, dont j’avais vu le très touchant La vie moderne. Empreint de respect, de pudeur, voire d’admiration. Les inséparables, ce sont Jean-Paul et Anne, l’un atteint, enfant, de poliomyélite et l’autre d’une légère déficience intellectuelle (ce n’est jamais vraiment mentionné dans le film, j’ai pu le lire dans la description trouvée dans le site de l’ONF). Ils se sont rencontrés, non trouvés, et depuis célèbrent l’anniversaire de leur union à tous les mois, depuis 4 ans. Ils sont heureux tous les jours depuis ce temps quelque part dans un village acadien au Nouveau-Brunswick. Jean-Paul s’occupent de ses vieux parents, Doréa et Aurèle, qu’on découvre, eux aussi, inséparables, malgré l’usure du temps et de la santé. Jean-Paul s’occupent d’eux, comme ils se sont occupés de lui. Il n’y a rien de plus évident pour lui. Il prend aussi sous son aile, Daemean, le petit voisin autiste. Si ce n’est pas là le sens d’une vie… quel sens a-t-elle? Petit quotidien et grande dévotion envers autrui. Qu’est-ce que tu veux de plus?

MàJ. 25 août 2012 (plus tard). Comme un écho, la dernière chronique Sept millards d’humains de Monique Durand dans Le Devoir trace le portrait de Noelline et Bertrand de Gros-Morne en Gaspésie qui se sont rencontrés autour de 20 ans et qui ont dû réinventer leur vie à près de 50 ans, quand la mine de Murdochville, où Bertrand travaillait, ferma ses portes. Leur nouveau projet: devenir famille d’accueil transgénérationnelle en quelque sorte. Trois personnes en perte d’autonomie et un jeune confié par la DPJ. Des liens se tissent autour d’eux, grâce à eux. Portrait émouvant.

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