Le point de vue des jeunes…

Les gens de droite ne croient qu’aux conneries qu’on leur a apprises. Les gens de gauche ne croient qu’aux conneries qu’ils ont découvertes. – Wolinski, cité dans La politique?: vous voulez rire? rapportée par Josée Blanchette dans Le Devoir

En deux jours dans Le Devoir, deux lettres ouvertes de jeunes qui font entendre leur voix.

On nous dit de nous taire, de voter, de nous taire encore. C’est, de toute façon, ce qu’on nous a toujours dit. Jamais on ne nous demande pourquoi nous sommes encore là, alors qu’on nous arrête un par un, une par une. […]

Et pourtant, cela est simple. Nous bloquons des cours parce des associations ont voté la poursuite de la grève. Jamais nous n’avons bloqué ne serait-ce qu’un seul cours où les étudiants avaient voté leur retour en classe. Les rentrées de tous les cégeps se sont déroulées dans le calme, et l’étonnement face à cet état de fait provoque chez nous la nausée, car ce calme n’est que la suite logique de tout le reste. […]

Nous ne sommes pas des « casseurs ». Vos mots et vos catégories ne nous enfermeront pas. Nous sommes des êtres humains, et si nous sommes masqués parfois, c’est qu’on nous filme en permanence, comme dans un 1984 d’Orwell. […]

Nous nous sommes battus depuis des mois pour exister. Pour qu’on cesse de nous nier, pour que les administrations et le gouvernement cessent de nous mépriser, pour que les policiers cessent de nous réprimer. Pour que notre monde cesse de nous vendre comme de vulgaires marchandises.

Nous sommes encore là.

Jean-Pascal Bilodeau. Pourquoi nous bloquons encore des cours

Le Devoir, 30 août 2012.

Ça me fait penser à la caricature de Charest et Legault vue dans le blogue du nouveau site dédié à la bédé au Québec, Kimiq.com.

Et, aujourd’hui, le cher François Legault y va de sa déclaration tout en nuance et en ouverture d’esprit :

Les étudiants masqués qui empêchent la reprise des cours dans les universités sont des « voyous » et la police doit intervenir pour régler le problème, estime François Legault. […]

s’il était premier ministre, « ça ferait longtemps que le recteur de l’UQAM serait dans mon bureau, et le président du syndicat des professeurs aussi. […] »

En soirée, M. Legault a confié avoir parlé avec le recteur de l’UQAM, Claude Corbo. «Il m’a appelé et m’a répondu que le conflit allait se régler avec la démocratie des associations étudiantes. On a un différend» là-dessus, a indiqué M. Legault.

Un autre étudiant interpelle aujourd’hui «Monsieur Charest» dans les pages du Devoir avec un peu plus de mordant, voire d’agressivité.

Lettre à Jean Charest

Il y a quelques mois, je croyais qu’il était sage de laisser l’histoire vous juger. Je me disais que devant l’implacable autorité du temps, vos magouilles, subterfuges et mesquineries n’auraient, en fin de compte, aucune prise. Je le crois encore, mais aujourd’hui, je crois que l’histoire à elle seule ne peut être garante de votre chute. L’humain doit encore y contribuer. […]

Peut-être avez-vous sous-estimé votre adversaire, mais vous vous êtes servi des étudiants pour détourner l’attention précisément parce qu’ils ne constituaient pas votre électorat, et vous avez tout fait pour qu’on montre à la télévision des jeunes en colère et des policiers cassant du manifestant.

Olivier D. Asselin. Poing de vues Odjiné, Monsieur Charest…

Le Devoir, 31 août 2012.

Dans une des vidéos publiées dans le site Poing de vues, Asselin interview Crina Ardelean, professeure en littérature. L’entrevue se termine ainsi:

Je crois que ce mouvement ne finira sûrement pas avec une loi, au parlement avec des mesures très concrètes. J’imagine que sa particularité est justement que ça ne s’arrêtera pas, que le mouvement se transformera en toutes les multiples choses qu’il peut être.

Crina Ardelean, professeure en littérature dans La question nationale et le mouvement étudiant

L’École de la Montagne rouge est certainement une de ces «multiples choses».

Urbania et Nouveau Projet participent sûrement de la même mouvance.

CUTV, un acteur de premier plan.

À cet égard, ces manifestations «culturelles» contribuent à la réflexion, au regard critique, à la prise de conscience, de distance, sinon de pouvoir, par rapport à l’esprit du temps. Serons-nous étonnés d’apprendre que les jeunes 25-34 sont plus nombreux que les babyboomers, à leur âge ou actuellement, à fréquenter les établissements culturels (Un cliché mis à mal par Frédérique Doyon dans Le Devoir).

Quoi qu’on en dise, « de façon générale, les 25-34 ans sont plus nombreux que les 55-64 ans à fréquenter les établissements culturels, à lire et à faire des sorties culturelles », souligne la sociologue Caroline Legault, auteure de cette première étude favorisant l’approche intergénérationnelle de la fréquentation culturelle intitulée Les pratiques culturelles selon la génération des baby-boomers et des jeunes de 25 à 34 ans de 1979 à 2009.

Je serais curieuse de savoir dans quelle proportion ces mêmes tranches d’âge s’adonnent à la pratique d’activités culturelles (expression artistique) et non à sa seule «fréquentation» (consommation). Cela ne renverrait-il pas à cet «esprit du temps » que décrivait Michel Venne: dans une société «avancée» on insiste plus auprès des enfants sur la tolérance et l’imagination? Et j’entends Legault réagir promptement aux résultats de cette étude: c’est évident que les jeunes fréquentent davantage les institutions culturelles, ils ne pensent qu’à faire la belle vie! Ô misère…

S’il faut croire, aussi bien croire en soi et à ce qu’on a construit soi-même, c’est ce que je répondrais à ce Wolinski, bédéiste et auteur, entre autres, d’Hara Kiri.

MàJ. 31 août 2012 (plus tard). D’ailleurs, avis aux pianistes en herbe, vous pouvez vous exprimez sur l’un des deux pianos, angle Marie-Anne et Denis ou St-Viateur et Casgrain. Piano des villes, piano des champs. Tous les jours (jusqu’à 20h) jusqu’au 23 septembre 2012. Quand je suis passée tout à l’heure, deux jeunes filles pianotaient et chantonnaient pour le plaisir, sans réel talent. Et pourquoi pas?! Les projets d’animation de l’espace public de la Ville de Montréal ne seraient-ils pas une nouvelle forme de gestion et de politique?

A propos Curieuse d'idées

À sa naissance, elle entre dans le monde de la curiosité. Elle n'est pas à la veille d'en sortir!
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