Deux îles, deux villes: le métro à Montréal et à New York

Aux XVIe et XVIIe siècles, par l’exil forcé, par tromperies, promesses, mensonges, enlèvements, ou motivés par l’urgente nécessité d’échapper aux dures conditions de la mère patrie, les pauvres gens désireux de s’expatrier en Amérique constituèrent une source de profit pour les marchands, les négociants, les capitaines de navires et, finalement, pour leurs maîtres américains. […]. Après avoir signé le contrat par lequel ils acceptaient de s’acquitter du prix de leur voyage en travaillant pour un maître pendant cinq à sept ans, les émigrants [serviteurs sous contrat] étaient souvent emprisonnés jusqu’à ce que le bateau quitte le port afin qu’ils n’aient aucune chance de s’enfuir. […].  Le Sea-Flower, qui avait quitté Belfast en 1741, mit seize semaines à effectuer la traversée. Lorsqu’il parvint à Boston, quarante-six des cent six passagers étaient morts de faim et six d’entre eux avaient servi de repas aux survivants.
Howard Zinn, Une histoire populaire des États-Unis, Chapitre III – Ces individus de vile et indigne condition, p. 55-56.

Métro de Montréal

Métro de New York

Bon, je dois l’avouer, je n’ai pas encore digéré toutes les informations relatives au métro de New York, son fonctionnement, son organisation, sa logique. Je ne parle pas de sa logique de base. Ça, ça va. Il y a des lignes, des directions, des couleurs. Pour prendre un métro, on se fie là-dessus: la couleur de la ligne, le numéro (ou la lettre) et la direction. Exemple: Ligne rouge, number 2, direction Brooklyn College. Quand j’entre dans la station, je porte attention au fait qu’il y ait bien une petite pastille rouge avec le numéro 2, je suis les indications et sur la plateforme, je m’assure de prendre le train dans la bonne direction. Ça, c’est partout pareil au monde (du moins pour ceux que j’ai pris). Par contre, contrairement à Montréal, il n’y a pas qu’une seule ligne qui passe à une même plateforme. Il faut donc vérifier le train qui arrive avant d’y monter (et avoir vérifié les stations auxquelles il s’arrête puisqu’il ne s’arrête pas nécessairement à toutes les stations de la ligne).

Là où ça se complique c’est quand on essaie de comprendre la signification des chiffres et des lettres. Pourquoi certains ont des chiffres (1 à 7) et d’autres ont des lettres (A, B, C, D, E, F, G, etc.). Comme on m’a déjà rapidement expliqué, les lignes 1, 2 et 3 passent dans le West Side de Manhattan, 4, 5 et 6, dans le East Side, en direction nord-sud,. La ligne 7 va de Penn Station à Queens, en direction est-ouest. Bon, c’est déjà ça de compris. Pour les lettres, ça viendra.

Mercredi, du centre de Manhattan vers Brooklyn, j’ai pris le Number 2 Train (pourquoi on dit train? encore un mystère! et il faut bien dire: Number 2 Train et non Train Number 2). Pour vérifier mon trajet, on m’a suggéré d’utiliser le site HopStop. Pourquoi pas le site de mta? No lo se! By the way, qu’est-ce que ça veut dire mta? Metropolitan Transportation Authority. Car en plus de faire une immersion intensive en anglais, ici, je dois apprendre la langue des abréviations. Il y en a partout et les Étasuniens en utilisent tout le temps.

Pour revenir à mon trajet, j’ai pu savoir que ça prendrait 1h03, que je brûlerais 53 calories (pas beaucoup de marche à faire) et que je sauverais 9,47 lbs de CO2 (lb, on est aux États-Unis, il faut parler en système impérial; si je parle de kilomètre et de celsius, on croit que je parle un dialecte rare). J’ai la liste de toutes les stations que je vais passer (25) et combien de temps entre chacune (de 1 à 5 minutes). Par contre, on ne m’indique pas combien de km (ou miles) j’aurai franchis. Après vérification, il s’agit d’une vingtaine de kilomètres.

Dans le métro, il y a toutes sortes de monde. Sur la plateforme, j’ai vu un homme, disons dans la 50-60aine, avec de gros écouteurs sur les oreilles, danser comme un dieu du plancher de danse. Quelle liberté! Dans le train (bon, il ne s’agit pas vraiment d’un train, mais plutôt d’un wagon de métro, avec deux longs bancs dans le sens de la longueur, face à face; moi qui croyais me trouver un siège à l’écart pour pouvoir travailler à l’ordinateur pendant mon trajet, j’ai vite oublié ça). Dans le train, donc, face à moi, un autre homme à peu près du même âge que le précédent; il joue d’un petit instrument à percussion, qui sonne comme un xylophone, mais dont il joue avec les doigts, sans y prêter trop attention, un peu comme un mantra. Bref, on ne s’ennuie pas en métro, même quand on a un trajet de plus d’une heure à faire.

P.S. Ce jour-là, j’ai aussi vécu une autre première. Au retour, dans le corridor du métro, j’ai vu mon premier… cafard, blatte, cancrelat, coquerelle, cucaracha, quoi. Un beau spécimen qui n’a pas provoqué de réaction particulière de la part des passants. Mieux vaut le voir là que dans une salle à manger de restaurant ou dans une chambre d’hôtel. La vie est bien faite quand même!

MàJ 22 septembre 2012. Ah oui, j’ai vécu une autre première ce jour-là. J’ai vu ma première limousine Hummer stationnée en face de l’Empire State Building. Encore plus dégoûtant qu’une coquerelle de mon point de vue!

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