Un weekend sous le soleil de Brooklyn… en décalage (1re de 2 parties)

Ça fait un peu bizarre de terminer mon chapitre de séjour à New York alors que je n’y suis plus et que les collègues et amis font face à des problèmes majeurs causés par l’ouragan Sandy, alias Frankestorm, surnommé ainsi parce qu’il s’est pointé juste avant l’Halloween, soit le lundi 29 octobre 2012. Toutes mes pensées les accompagnent, vraiment c’est terrible, à New York, au New Jersey, mais aussi en Haïti, il ne faut pas l’oublier. Pour ma part, j’ai quitté New York le mercredi précédent, comme ça, sans savoir que ce départ serait, a posteriori, bien planifié. J’ai dit au revoir aux collègues et amis – et non adieu – ce séjour a été vraiment formidable sur tous les plans et je veux y retourner dès que je le pourrai. Six semaines, vraiment, je n’ai pu que gratter qu’un petit coin de la surface de la Grosse Pomme, qui flotte péniblement depuis. Flashback de mes derniers instants à New York.

Ah Brooklyn, je voulais bien y aller. Un samedi, bien décidée, je mets le cap sur Williamsburg en ayant en tête de faire un peu de shopping. Il faut savoir que c’est vraiment une corvée pour moi, mais comme il ne me restait plus beaucoup de temps pour pouvoir rapporter quelques souvenirs et cadeaux, il faut bien me mettre à la tâche. En sortant de la station de métro Bedford avenue du L train  – ma logeuse avait passé une remarque comme quoi on y observait une faune assez bigarrée – je me dirige vers le nord. Je remarque quelques boutiques, des cafés, des bars, l’endroit est sympathique, beaucoup de monde dans la rue, même des marchands de rue: livres, disques, bijoux. Puis les boutiques se font plus rares et j’aperçois un parc au loin. Je décide de m’y rendre. J’y vois des enfants jouer, des parents les encourager… J’entends le bruit… des rires, des cris et non des klaxons et des sirènes. Aaaaaah!

De fil en aiguille, je m’éloigne, je m’éloigne vers le nord ouest. Je découvre de nouveaux projets immobiliers pimpants et, plus loin, des graffitis. Et là, je me régale! Tant pis pour le magasinage. Les boutiques peuvent bien attendre. Aujourd’hui, un beau soleil luit dans le ciel, j’en profite. J’arrive dans un quartier qui semble désaffecté, mais j’entends un groupe de musique alternative, j’entrevois un type qui sort d’un local avec son vélo, je vois une usine ACME (comme dans Road Runner) et je me fais tout un film (et il y avait d’ailleurs un tournage, là-bas, sur Bedford avenue). Et j’entrevois East River et Manhattan, par delà. Et une très belle piste cyclable, Waterfront route. Je longe la rivière, puis un parc et encore des enfants, petits et grands. Et un autre parc et un espace de stationnement ou désaffecté qui est occupé, aujourd’hui samedi, par des tentes et des tentes de street food de haut vol. Ça s’appelle Smorgasburg, Brooklyn food flea market. Quelle chance inouïe! Je suis bénie par Hermès, le dieu des voyageurs. Je prends bien le temps de faire le tour, il y a la cuisine de partout au monde ici, près de 100 kiosques. Je me concocte donc un special afternoon tea, un lamburger de Landhaus et une bière brassée à Brooklyn. Je m’installe à une table à pique-nique communautaire, avec vue sur la rivière et vue sur la foule, jeune et branchée. On se les gèle un peu, mais l’atmosphère nous réchauffe (et la bière aussi). Il est passé 17h, les gens commencent à plier bagages. Je reprends donc mon cours. Je retourne doucement vers le métro Bedford avenue, puisque j’ai le projet de me rendre au BAM (Brooklyn Academy of Music) où se produit, ce soir, Hofesh Shechter, un chorégraphe que j’ai eu la chance de voir dans le passé à Montréal et qui s’y reproduit encore au mois de novembre, mais je ne le verrai pas, puisque je serai ailleurs. Comme un clin d’oeil aux copines avec qui je vais voir les spectacles de danse à la Place des arts, je me fais un plaisir d’y aller de mon côté. Au guichet, j’ai aussi essayé d’avoir un billet pour le spectacle de Pina Bausch (tous les soirs sold out sur Internet), mais en vain. Pas grave, j’ai au moins mon billet pour ce soir. Je patiente un peu en retrait à l’étage du BAMCafé, l’ambiance est bonne, mais je n’ai vraiment pas faim, je ne comprends pas pourquoi?! Bon finalement, je n’ai pas trop aimé le spectacle Political Mother, entrevue. Il donne l’impression d’être très narratif, mais je n’y comprends pas grand-chose. Même la musique live, présence que j’apprécie habituellement dans un spectacle de danse, me laisse de glace, voire m’exaspère un peu. Ça ressemble plus à un film avec des scènes et des black outs, qu’à une chorégraphie. Il y a même un tableau final de «rembobinage» en accéléré qui est par contre, très réussi. Les références sont assurément puisées à la culture juive, pour ce que j’en connais. Mais ça traîne en longueur à mon avis, malgré l’énergie que tous y mettent, danseurs, musiciens et chanteur. Dommage. J’ai hâte de connaître le point de vue de mes habituelles partenaires de spectacle. J’espère qu’elles ont apprécié.

À la fin du spectacle, je retourne à l’étage pour passer à la toilette. Je remarque qu’un spectacle se prépare au BAMCafé. Je m’informe à un gardien de sécurité du genre de musique qu’on va y entendre, il ne semble pas trop savoir, mais il s’informe: house music, qu’il dit, ça devrait danser. C’est bon. Je décide de rester un peu, je vais chercher une bière au bar et je m’installe au même sofa, même si, de là, je ne verrai pas trop la scène. C’est une jeune femme, Heloise qui fait, dixit, un high-energy disco-laced electro-punk avec, à l’occasion, deux danseurs un peu absurdes et des projections vidéos. C’est divertissant! Je reste jusqu’à la fin, après tout, c’est samedi soir! En sortant, j’aperçois un groupe de musiciens dans un restaurant en face du BAM, dont un percussionniste. Je pense à de la musique cubaine, il s’agit en fait de la musique brésilienne dans un restaurant haïtien. Un des gérants, à ce que je comprends, me prend en charge, me place au bar, me trouve une chaise, me présente à ma voisine et initie la discussion entre nous. Service royal, quoi! En plus, il parle français! Malheureusement, le groupe a terminé son set. Bon, je reste un peu, le temps de prendre un verre de vin rouge, puis je m’éclipse avant que les avances ne deviennent trop emmerdantes.

Et voilà, le samedi… car le dimanche, je veux y retourner, puisque je n’ai toujours pas magasiner!

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2 commentaires pour Un weekend sous le soleil de Brooklyn… en décalage (1re de 2 parties)

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