Je reviendrai à Montréal… J’ai besoin de revoir l’hiver…

Je reviendrai à Montréal
Dans un grand Bœoeing bleu de mer
J’ai besoin de revoir l’hiver
Et ses aurores boréales
J’ai besoin de cette lumière
Descendue droit du Labrador
Et qui fait neiger sur l’hiver
Des roses bleues, des roses d’or […]
Robert Charlebois

Eh voilà, je suis de retour à Montréal. Je n’ai pas encore clos le chapitre lorguais. D’abord, j’ai très peu écrit. J’essaierai de me rattraper… et puis j’y retournerai pour au moins quelques jours en avril. Ce ne fut donc pas un adieu, mais bien un au revoir aux gens que j’ai côtoyés pendant ces 7 semaines, sympathiques, chaleureux, généreux, drôles. Je me suis plue comme à la maison. Combien d’invitations ai-je eues, à dîner (déjeuner), à souper (dîner), à la maison, en pique-nique et parfois, mais rarement, au restaurant. Les gens cuisinent là-bas, je ne m’en plaindrai pas! Sauf que, comme j’ai pris l’habitude de le dire quand je suis de retour de voyage: il n’y a pas que les valises qui reviennent plus lourdes!

Je suis de retour dans mon petit café de Montréal, installée sur la banquette rouge, face à la grande baie vitrée qui donne vue sur l’activité de l’avenue Mont-Royal. La rue, en ce samedi du temps des fêtes, est bizarrement tranquille. On voit encore de beaux bancs de neige de 3 ou 4 pieds (1 m), mais il fait très doux. Jeudi, journée de tempête, j’étais comme une petite fille qui trépignait d’aller jouer dehors et c’est bien ce que j’ai fait. D’abord, pour aller faire quelques emplettes. Ensuite, parce qu’il fallait déplacer la voiture d’I., chez qui je crèche, donc double pelletage: d’abord pour dégager la voiture, ensuite pour dégager une place dans une rue où il était permis de la stationner pour la nuit. Un bon deux heures de «travail», à pelleter la neige folle. Que du bonheur!

Après, j’ai concocté un bon souper avec quelques restes de dinde (du souper de Noël), une onctueuse purée de pommes de terre (c’est bon des «pétates» pilées), des légumes racines grillés (carottes, rutabaga, panais et patate sucrée). Un vin avec ça, que je vous recommande chaudement: Château de Gourgazaud Cuvée Mathilde, Minervois 2009. J’ai aussi fait une croustade aux pommes, servie chaude, avec une boule de crème glacée à la vanille Coaticook. Je vous l’assure, le sommeil a été ensuite bienfaiteur!

Hier soir, de retour également au restaurant L’Universel sur la rue St-Denis. J’allais y rejoindre la même gang d’amis qui se réunit là, de temps en temps, pour les fameux vendredis soir martinis 2 pour 1. J’ai pris, comme à mon habitude, un dirty martini (martini dry avec du jus d’olive), fait avec du gin. Honnêtes. J’ai aussi pris un hamburger l’Universel, malheureusement, un peu sec, les frites, un peu froides et la salade César, un peu trop mouillée de mayonnaise. Ce qui fut incontestablement réussi: l’agréable compagnie.

Cela m’a fait tout bizarre de marcher sur la rue St-Denis après tant de semaines, 3 mois peut-être, et y découvrir quelques changements: des nouveaux restaurants, d’autres qui ont fermé. C’était «sphéérique» avec les décorations de rue et la neige fraichement tombée. Je suis aussi passée par la Grande bibliothèque me ressourcer en livres et DVD en tous genres. Deux livres interdisciplinaires, sur les liens entre l’art et la science: Proust était un neuroscientifique, A beginner’s guide to constructing the universe : the mathematical archetypes of nature, art, and science. Une bd d’Hugo Pratt qui n’est pas très loin du genre non plus: La ballade de la mer salée. Et deux DVD de danse: Corps à corps : 50 ans de danse au Québec et Alvin Ailey : an evening with the Alvin Ailey American Dance Theater.

Je suis donc revenue le 23 décembre.

J’ai dans la tête un vieux sapin, une crèche en d’ssous
Un Saint-Joseph avec une canne en caoutchouc
Était mal faite pis j´avais fret
Quand je r’venais d’passer trois heures dans un igloo
Qu’on avait fait, deux ou trois gars, chez Guy Rondou […]
23 décembre, Joyeux Noël, Monsieur Côté
Salut ti-cul, on se r’verra, le sept janvier […]
Beau Dommage

Un retard au départ de Nice de 50 minutes m’a permis d’être conduite personnellement à la douane de l’aéorport de Munich, puis directement à ma porte d’embarquement, pour arriver juste à temps pour l’embarquement du prochain vol en direction de Montréal. Nous y avons finalement atterri par un ciel dégagé, mais sur un sol légèrement couvert de blanc. Le pilote d’avion nous a même poussé la chansonnette après l’atterrissage : I’m dreaming of a White Christmas!  Dans l’avion, c’est l’avancement de mon album photos de New York qui m’a tenue occupée, ainsi que deux films inattendus: un film sur l’Allemagne de l’Est, juste avant et pendant la chute du mur de Berlin à travers les films d’archives d’un groupe de jeunes skateboarders, This ain’t California. Fascinant. Puis, un long documentaire divertissant sur la cinématographie de Woody Allen. Woody Allen: a documentary. Après avoir récupéré mon sac à dos, passé à la douane et pris le taxi, j’ai retrouvé une partie des miens, un peu fatiguée, mais réjouie.

Le lendemain, c’était déjà les préparatifs pour la veille de Noël en famille. Pourtant, I. et moi avons un peu paressé, pris la mesure de la lenteur. La veille, je m’étais endormie tout de suite après avoir terminé le visionnement du documentaire de Guillaume Paquin, Aux limites de la scène, sur trois jeunes chorégraphes montréalais dont j’ai déjà vu les spectacles et que j’admire: Dave St-Pierre, Frédéric Gravel et Virginie Brunelle. Mon appréciation du film a été plutôt mitigée après ce premier visionnement (parce qu’il y en a eu un autre deux jours plus tard). Je trouvais que les extraits de chorégraphie n’étaient pas les plus marquants des spectacles que j’ai vus, que les propos des chorégraphes ne permettaient pas vraiment à un néophyte d’en comprendre la couleur et la démarche, et que les images étaient parfois, souvent, sans lien avec les propos. Les trois artistes, et notamment, leurs oeuvres ne m’apparaissant pas si distinctes les unes des autres. Mon appréciation a été revue à la hausse au 2e visionnement. Malgré tout, leur travail est intéressant, leur démarche fascinante et les interprètes, généreux, rigoureux et dévoués à leur art. Dans l’après-midi de la veille de Noël, nous avons regardé la vidéo du spectacle Les danses de la mi-chemin 3/6, des étudiants de 2e année de l’École de danse contemporaine de Montréal, que j’ai manqué en décembre. Ce fut intéressant de le regarder avec deux étudiantes en danse et de le commenter, au fur et à mesure du spectacle, ce que nous ne pouvons pas faire généralement en salle. Beaucoup d’énergie, de vivacité et de professionnalisme dans une 1re chorégraphie, Les oiseaux se cachent, créée spécifiquement pour et avec eux par Louis Laberge-Côté, puis dans une 2e, une reprise de Variations S, une belle relecture contemporaine, urbaine, actuelle du Sacre du printemps chorégraphiée par Hélène Blackburn.

Nous nous sommes finalement activés pour les préparatifs et après être passés à la SAQ pour faire le plein d’alcool (à boire plus tard) et à mon local d’entreposage pour y récupérer manteau et bottes d’hiver, nous sommes finalement arrivés chez la famille où victuailles et présents ont été partagés en abondance, dont un cipâte (ou six pâtes) mijoté par Frérot. Entrées et desserts ont complété le repas, cuisinés par Belle-Soeur. Discussions, blagues et jeux ont ponctué doucement la soirée où je me suis malgré tout endormie aux douze coups de minuit, mon corps n’ayant pas encore tout à fait encaissé les 6 heures de décalage. Le lendemain fut parfait en lendemain de veille: journée passée en pyjama, à répéter les meilleures blagues de la veille telles que: Hier, je mange (drôle, n’est-ce pas?!Eh bien, tant pis. Il fallait être là). Ou encore à reprendre en boucle les meilleurs slogans de Paul Etychen, tels que: Les autres partis «dit»: Prends les moyens; moi je dis: Prends pas les moyens, prends les gros! Notre appétit ne fut pas en reste, le brunch fut copieux et le souper tout autant, en mitonnant une sauce à spaghetti improvisée et des croutons à l’ail. On a terminé la soirée dans le sofa, sous les couvertures, au coin du poêle à bois, à regarder (ou revoir) Intouchables, que j’ai trouvé tout aussi drôle et touchant que la première fois. Et, par un hasard incroyable, j’ai trouvé hier, sur le site d’Arte, chaîne de télévision que je regardais dans mon petit village varois, un documentaire, De chair et d’âme, sur la rencontre d’un philosophe suisse handicapé, Alexandre Jollien, avec Philippe Pozzo di Borgo dont la vie a inspiré le film Intouchables. À voir. En accès sur le site actuellement.

Finalement, le lendemain, 26 décembre, une grande marche avec Belle-Soeur et sa chienne a été une tentative de brûler un peu de calories avant d’aller en regagner! Nous sommes allés voir Skyfall au cinéma, le dernier James Bond que j’ai adoré. La mise en scène de Sam Mendes est bien dosée. Bien sûr, cela commence par une cascade abracadabrante sur les toits d’Istanbul et à travers le Grand Bazar et… par la mort de l’agent 007. Daniel Craig, que je n’avais pas trop aimé à son premier film, propose encore ici, un agent de sa Majesté à la fois dur, musclé et humain (entendre ici: il saigne et ne gagne pas nécessairement tous ses combats). Judi Dench est majestueuse dans le rôle de M, tourmentée et vieillissante. Mais c’est Javier Bardem, dans le rôle du Méchant, qui étonne et qui apportera les quelques touches d’humour propres au genre. Le Mal, répétera M, vient de l’ombre… et l’Angleterre a plusieurs coins d’ombre, notamment dans ses rapports historiques, avec l’Irlande et l’Écosse, entre autres, que chacun de ses personnages portera. Le film est assez long, 2h30, et je ne m’y suis pas ennuyée une minute. En prime, l’excellente chanson d’Adèle. Devinez le titre: Skyfall. Une bonne cuvée!

Et la bonne surprise ne sera pas que cinématographique ce soir-là puisque nous avions opté ensuite pour un souper au Confusion Tapas, rue St-Denis, à quelques pas du cinéma Quartier Latin. Quels délices! Nous avons choisi le menu Découverte@40$, plus que copieux: une délicieuse soupe aux tomates Tex Mex, bien relevée, une salade de roquette généreuse, un Saganaki flambé à l’Ouzo et sept autres plats. Des portions généreuses et des goûts bien définis. Franchement, je ne m’attendais pas à tant de saveurs et surtout à un score parfait dans un restaurant de la rue St-Denis à cette hauteur, surtout marquée par les établissements plutôt touristiques, corrects, mais sans réelles surprises. Tous les plats étaient délicieux. La liste des vins, aussi surprenante, inclut de nombreux choix bio et bio dynamiques. Nous avons penché ici aussi pour une découverte : Pic Saint-Loup 2011, Domaine Zélige-Caravent ‘JARDINS DES SIMPLES’, Cinsault et Syrah. Un vin rouge piquant, mais rond et profond. Wow!

Après ces quelques jours «à la maison», pas chez moi, mais parmi les miens, le bonheur me donne encore le goût de fredonner. Je reviens chez nous.

Fais du feu dans la cheminée
Je reviens chez nous
S’il fait du soleil à Paris
Il en fait partout
Fais du feu dans la cheminée
Je rentre chez moi
Et si l’hiver est trop rusé
On hibernera.[…]
Jean-Pierre Ferland

A propos Curieuse d'idées

À sa naissance, elle entre dans le monde de la curiosité. Elle n'est pas à la veille d'en sortir!
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Un commentaire pour Je reviendrai à Montréal… J’ai besoin de revoir l’hiver…

  1. sylvie2707 dit :

    On revient toujours à ses racines, bonne année !

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