Pepito: ma vie en BD

Une des premières choses que j’ai faites en arrivant à Dijon, et donc en revenant en France après un peu plus d’un mois d’absence, je suis passée à la librairie. J’avais besoin d’un guide sur la Bourgogne, mon guide de la France n’y consacrant pas suffisamment d’espace et un guide sur le Portugal, prochaine destination vacances fin juin. Je cherche aussi un roman qui se passe dans les parages, question de m’imprégner de la culture locale par la tête, par le silence des mots et par les inférences culturelles. Parallèlement, je voulais bien dénicher un livre équivalent à Histoire populaire des États-Unis, mais sur la France, question de m’imprégner de l’histoire qu’on raconte peu dans les guides touristiques, soit celle des marginaux et du «peuple», non pas celle du roi et du grand artiste, mais de l’artisan et des 99% qui travaillent pour survivre(bon, je ne sais pas à quel pourcentage ils correspondaient en ces temps-là). Je ne l’ai pas encore trouvé, mais lors d’une autre visite à une librairie, Grangier, on m’a recommandé Une histoire populaire de l’humanité. J’ai noté, mais pas acheté encore.

En passant, petit clin d’oeil à l’actualité, hier Forbes publiait sa liste de milliardaires et parallèlement, je recevais une vidéo virale Ideal|Think|Reality sur la répartition des richesses aux États-Unis présentée de façon graphique à partir de ce que les Étasuniens souhaiteraient comme répartition idéale, ce qu’ils pensent qu’est la situation «réelle» et ce qu’elle est actuellement, mais aussi comment elle a évoluée depuis quelques années. C’est éclairant. Pendant ce temps, en France, on parle de la crise économique en Europe, Hollande a créé, tenez-vous bien, un ministère du «Redressement productif» et le modèle de référence est l’Allemagne, bien entendu. Enfin…

Revenons à la librairie (et oui, je recommence mes bonnes vieilles digressions en introduction). Donc, j’achète le guide Géo Bourgogne, le Guides Voir Portugal et un roman «régional» (ou du terroir, je ne me souviens plus exactement de l’expression qu’ils ont utilisée) Le Vin de Bonne-Espérance que je viens de commencer et qui fait écho à mes chers Chevaliers du Tastevin, puisqu’il s’ouvre sur la Saint-Vincent tournante qu’ils ont aussi créée et que j’ai manquée de peu, puisqu’elle a lieu le dernier weekend de janvier. J’ai fait un tour côté BD, rien de trop inspirant en ce moment, du moins à la librairie Gibert (j’ai déniché une petite librairie spécialisée bd dimanche dernier, elle était fermée, j’y retournerai). Je m’amuse quand même à acheter L’Histoire de France en BD Pour les nuls. Tome 3. Des croisades aux Templiers. Puis, j’allume. Je cherche et ne trouve pas, alors je demande à la commis s’ils ont le tome 1 de la BD À boire et à manger de Guillaume Long. Elle ne connaît pas, elle me demande d’épeler Long. Ils n’ont ni le tome 1 ni le 2, mais je peux le commander, je le reçois en une semaine. Youppi, c’est ce que je fis.

Un jeudi soir, en fait avant mon rendez-vous au restaurant avec mes deux collègues, je quitte d’avance pour aller chercher ma BD avant la fermeture de la librairie à 19h (et oui, 19h, pas 21h). J’ai donc une heure à tuer avant de retrouver mes collègues, je me dirige vers le Comptoir des colonies. Je prends un café et je m’installe en compagnie de AboireEtaMangerTome1Guillaume. J’ai sa belle bouille devant moi, espiègle derrière ses lunettes, pas prétentieux pour deux sous, drôle, curieux, mais qui a aussi ses lubies. Dès la première page, il me reconquiert. Je rigole comme une nymphette que l’on courtise, et dans le café on me regarde avec un oeil inquisiteur. Serais-je une hérétique? Tant pis, je reprends ma lecture. Dès la première page, il raconte ma vie. Son anecdote autour du choix du titre de son blogue (qui s’est transformé ensuite en BD) me ramène illico, il y a presque deux ans, quand je cherchais le nom de mon blogue.

Et puis, quelques pages plus loin, c’est le comble. Il m’a épiée ou quoi? Il accorde quelques pages à l’épineuse question de la cafetière admissible pour faire un café (digne de ce nom). Depuis que j’ai commencé cette année d’itinérance, j’ai avec moi un fidèle compagnon. Eh oui, pour moi, ma cafetière est un il, le machin-truc qui me donne ce nectar matinal, mon café. Mais il n’est mon compagnon fidèle qu’en voyage. Sinon, à la maison, c’est la cafetière espresso. Mais en voyage, c’est la petite cafetière italienne. D’ailleurs, comme il s’agit de mon seul compagnon de voyage, récemment, j’avais pensé, pour m’amuser, non que je devienne sénile ne vous inquiétez pas, de lui donner un petit nom. Je ne l’avais pas encore baptisé au moment où j’ai lu Long. Le bédéiste passe en revue toutes les cafetières possibles, de la cafetière électrique – moche – à la cafetière Nespresso – pas une vraie* – en passant par la cafetière bodum – recalée par mauvaise foi. Non, ce qu’il faut c’est une cafetière italienne que l’on garde toute la vie, qu’on bichonne, mais qu’on ne savonne surtout pas. La mienne a perdu son couvercle, c’est presque mieux, je vois et j’entends le café chanter et jaillir en fontaine dans le réceptacle jusqu’à ce que le timbre final m’indique le début de ma jouissance matinale. Long donne le mode d’emploi et d’entretien de la cafetière, de la réutilisation du marc et surtout du service, s’il vous advenait d’en offrir à d’autres que vous-même. Ça, c’est tout un plaisir, de partager en voyage un petit moment secret et presque coupable (clin d’oeil à Celle qui a du temps!). Dans son mode d’emploi, en plus de la cafetière, de son café favori, d’une cuisinière à gaz, Long a aussi besoin d’une tapette à mouche… Incongru? Pas du tout, c’est très utile si votre invité demande un carré de sucre pour son café. C’est ce que j’aime de Long, il a des principes, mais les applique avec dérision!

Avec une larme aux yeux, quand il présente ses 3 cafetières italiennes, il précise qu’il aurait pu leur avoir donné un nom, tant il les aime d’amour. Y’en a pour qui c’est les bagnoles, lui c’est les cafetières italiennes. Quant à moi, voilà, c’est chose faite. Je vous quitte, je vais retrouver mon Pepito, qui me prépare religieusement mon café tous les matins. Quel agréable compagnon, non?

* À ceux qui sont vendus à la Nespresso, sachez qu’avec 1 kg de café moulu, payé entre 10 et 40 €/kg, on fait 140 tasses de café soit entre 0,09 et 0,28 €/tasse; 1 dosette contenant 5g de café Nespresso coûte entre 0,30 et 0,40 € (42 à 56€ pour 140 tasses). En prime, pour chaque tasse, vous consommez une dosette en aluminium recyclé qui est, en principe, recyclable si vous la retournez à la compagnie, mais qui le fait? 140 cafés, 140 dosettes qui s’en vont au dépotoir.

A propos Curieuse d'idées

À sa naissance, elle entre dans le monde de la curiosité. Elle n'est pas à la veille d'en sortir!
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