Encore du bon cinéma à 30000 pieds…

Encore une petite récolte pas mal de films durant un aller-retour Montréal-Genève avec Air Canada. Je disais, dans un précédent article, que l’offre s’était augmentée et réduite récemment à bord des avions… Le point négatif, c’est qu’une grande majorité des films sont proposés en version anglaise seulement, ni même sans sous-titres. C’est comme pour les agents de bord: on nous fait la présentation en anglais, en français, en allemand, en arabe, mais pour la conversation, plusieurs disent ne pas parler français… Le Canada, pays bilingue? Enfin, revenons aux films. Ils sont regroupés par catégories, qui sont un peu bizarres… On retrouve, par exemple, dans Avant-garde ou Contemporain, des films qui datent et qui me semblent assez conventionnels.

  • Gatsby le magnifique (The Great Gatsby) (Nouveautés = Hollywood). J’avais beaucoup aimé Moulin rouge du même réalisateur, Baz Luhrmann. Un feu d’artifice un peu inattendu. Je me souviens très bien où j’étais quand je l’ai vu et ce que je faisais: dans la cuisine de l’endroit où je demeurais à Québec et je cuisinais… de façon de moins en moins concentrée. J’étais tombée sur le film, par hasard. Donc, j’étais intriguée par Gatsby, bien que l’histoire et l’acteur principal ne me pâmaient pas particulièrement. Je suis d’accord avec les critique vaguement entendues: le traitement s’égare. L’effet de surprise du style du réalisateur porte moins son coup cette fois-ci, de même que la musique. Malgré tout, j’ai été intriguée par cette thématique du rêve américain, de self-made man qui devient riche pour conquérir la femme qu’il aime, du rêve, du grand amour, par rapport au mariage de convenance, de raison. J’ai été intriguée d’en apprendre plus, en fait, sur le roman et sur le contexte social et politique dans lequel il prend place. J’irai donc jeté un coup d’oeil sur le livre de F. Scott Fitzgerald publié en 1925. Fait intéressant, ce n’est que dans les années 1950 qu’il obtient un succès de vente et qu’il entre dans les lectures obligatoires scolaires… Intéressant.
  • Rapailler l’homme (Télévision / Documentaire – et non dans Cinéma francophone, ni dans Cinéma canadien). Un film sur l’oeuvre de Gaston Miron, L’homme rapaillé, mis en musique dans le cadre d’un disque Douze hommes rapaillés. Le film se partage entre la vie et l’oeuvre de Gaston Miron. le processus de création de l’album, ainsi que le parcours de ces douze – en fait treize à la douzaine – hommes, chanteurs, créateurs et amateurs de poésie. Un beau portrait de la place de la poésie au Québec, des différentes thématiques de l’oeuvre ou de la vie de Miron, père monoparental avant l’heure (l’extrait cité, qui ouvre le livre est dédié à sa fille, Emmanuelle).

J’ai fait de plus loin que moi un voyage abracadabrant

Il y a longtemps que je ne m’étais pas revu

Me voici en moi comme un homme dans une maison

Qui s’est faite en son absence

Je te salue, silence

Je ne suis pas revenu pour revenir

Je suis arrivé à ce qui commence

En complément, Gaston Miron, les outils du poète (en 4 parties), un documentaire d’André Gladu (1994). On peut aussi consulter dans les Archives de Radio-Canada une entrevue avec deux membres du jury qui ont accordé un prix au livre L’homme rapaillé. Ça donne, évidemment, le goût de lire le livre dont chacune des 7 éditions a fait l’objet de remaniement de la part de l’auteur. Et de réécouter les deux albums Douze hommes rapaillés, 1 et 2.

Fait intéressant Gaston Miron (1928-1996) se reconnaissait dans cette phrase de F. Scott Fitzgerald (1896-1940) « Toute vie est bien entendu un processus de démolition», alors même qu’il s’acharnait à écrire, au milieu de mille tourments, de mille contradictions et incertitudes, ce qui allait devenir le recueil de poèmes le plus célèbre du Québec : L’homme rapaillé» (source: Babelio). On peut aussi consulter des citations choisies par les lecteurs.

  • Bob and the Monster (en anglais seulement, catégorie Télévision / Documentaire). Un documentaire sur la vie de Bob Forrest, chanteur du groupe punk rock Thelonius Monster. Comme pourrait le dire notre célèbre Jean Perron, je connaissais le chanteur et le groupe «ni des lèvres ni des dents». Pourquoi ai-je choisi ce documentaire? Je ne sais trop… J’avais une vague impression que ça pouvait être comme l’autre documentaire que j’avais découvert, par hasard, sur Wayne White. À cause du Monster? Maybe… J’y ai découvert tout autre chose, mais tout aussi intéressant. La musique punk, voire grunge des années 1990, en Californie et l’envers du décor… la drogue. C’est donc l’essor, puis la lente descente aux enfers de Bob Forrest et sa résurrection en artiste militant contre l’emprise des compagnies pharmaceutiques sur les «médicaments» de remplacement de l’héroïne et pour offrir des centres de désintoxication aux artistes musiciens. Malheureusement, cette partie est trop brièvement esquissée, mais tout le documentaire est intéressant. Témoignage de Courtney Love et de John Frusciante, Anthony Kiedis et Micheal « Flea » Balzary des Hot chili peppers, entre autres, de même que de ses comparses des Thelonius Monster, Martyn LeNoble, Zander Schloss, Pete Weiss. Pour une autre vision, encore plus psychédélique, de l’envers du décor, Stuff, une visite de l’appartement de Frusciante, filmée par Johnny Depp en 1993, à l’époque où le groupe était en pleine gloire avec l’album Blood Sugar Sex Magik, dont Give it away est la chanson par laquelle j’ai connu le groupe.
  • Still Mine (catégorie Film canadien, en anglais seulement). Excellent film avec deux excellents acteurs, James Cromwel – l’amant de Ruth Fischer dans Six Feet Under – et Geneviève Bujold, sur le thème délicat du déclin de la vie et de la conscience par la maladie, qui m’a rappelé Amour. Aussi bon, à mon avis. Parallèlement à l’amour de ce couple, de la bataille juridique engagée par le mari pour construire une maison sur ses propres terres – ce qui n’est pas sans rappeler L’immortalité en fin de compte – le réalisateur, Michael McGowan, développe aussi la thématique du savoir-faire traditionnel, artisanal bousculé par des règles du travail d’aujourd’hui, normées, légalisées, contrôlées, industrialisées – non sans rappeler Gaz Bar Blues, un de mes films québécois préférés. Magnifiquement filmé au Nouveau-Brunswick, le film est basé sur l’histoire vraie de Irene et Craig Morrisson. Voir cet homme travailler le bois m’a ramenée au travail de mon père, insuffisamment observé de son vivant. Le film revendique aussi la possibilité d’échafauder et de réaliser de nouveaux projets à tout âge de la vie, même à 80 ans passés. Inspirant.
  • Molly Maxwell (catégorie Film canadien, en anglais seulement). Une fiction au sujet d’une élève d’une école secondaire alternative de Toronto et de son enseignant qui l’encadre pour un projet spécial en photo. Sur un thème déjà vu, traitement convenu, mais je ne me suis pas ennuyée à le regarder.
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