Escapade à New York : Something to Declare

Un an près mon séjour de 6 semaines à New York, j’y retourne pour le long weekend de l’Action de Grâce (du Québec, celui du Columbus Day aux États-Unis). Je suis accompagnée cette fois de trois copines. C’est une tout autre histoire! Quel plaisir de partager mes coups de coeur avec elles, et surtout de constater qu’elles ont les mêmes coups de coeur que moi. Un weekend en rafale.

Contre toute attente, on a eu du beau temps. Juste se rendre, c’était déjà agréable. Le paysage est beau, mais avec les couleurs d’automne c’était vraiment beau. L’expérience de passer à la douane étasunienne est toujours particulière: les douaniers sont à ce point bêtes que t’as l’impression qu’ils te soupçonnent d’être un terroriste. On avait fait plein de blagues en imaginant des réponses à la question: Nothing else to declare?, mais finalement on a juste dit: non. On a déguerpi aussitôt qu’on en a eu la permission.

À Plattsburgh, on a fait un arrêt plus long qu’espéré au Applebee’s pour dîner. On a fait encore quelques arrêts pipi/dégourdissement/changement de chauffeur. Sur la route, on a ratissé toutes les stations de radio possibles à la recherche de bonnes tounes. C’est là que ma culture de musique pop étasunienne a connu une augmentation exponentielle et que j’ai compris que je n’étais pas sur la même track de radio que les 3 autres. Pas grave, elles m’offrent une session de rattrapage intensif: la préférée d’Isabella, qui est devenue sont hymne du weekend, You’re a good girl de Tobin Thicke, mais aussi Wrecking ball de Miley Cirus, Royals de Lorde (mais aucune ne savait qui chantait, quand même!) et quoi d’autres, j’en oublie sûrement! Il a aussi été question de Daft Punk, mais ça je connais (et j’aime) ouf! Get Lucky, Lose yourself to dance. Ben, c’est pour nous autres, ça! On est entré à Manhattan vers 19h. Oui, il y avait un peu de circulation, mais somme toute, ça a été presque plus facile que d’entrer à Montréal ces jours-ci! L’hôtel Four Points by Sheraton est situé dans le quartier Chelsea, à la hauteur de Madison Square Park (25th st), mais près de la 7th ave. La chambre est correcte, un peu à l’étroit pour 4 adultes avec 4 valises, mais ça va. De plus, ce sont des lits doubles et non Queen, donc on garde strictement nos places, chacune de son côté de lit. La fenêtre n’est pas super bien insonorisée, malgré qu’on soit au 12e (et non au 2e, grâce à Ratonne de B.), on entend les bruits de la ville, les camions qui passent, les sirènes. Mais ce n’est pas si terrible, enfin pour 3 d’entre nous.

Vendredi 20h. Il faut avoir un plan resto pour 4 femmes affamées (moi inclus). J’ai deux plans en tête: Madison Square Eats. Il fait tellement beau, ce serait agréable de prendre une bière ou un verre de vin et de grignoter différents trucs. L’endroit est archi plein. On trouve une table, mais seulement deux chaises. On hésite, mais on décide de tenter notre chance ailleurs. Direction Eataly, à deux pas de là. Et là, je fais sensation (ou plutôt le resto-épicerie fait sensation) auprès des filles. C’est plein, mais pas trop. Du monde partout qui prend une verre, des tablettes de produits importés. On fait le tour des restos, on aurait aimé des pâtes, mais il faut attendre environ 45 minutes. On opte pour le resto qui a la moins longue liste d’attente, le végétarien. Pendant qu’on attend, on fait le tour de l’épicerie, on va prendre un verre de vin à La Piazza près du comptoir à fromages et le temps de le dire, on a notre table. En attendant, on avait commandé une bouteille de vin, je crois que c’était Peppoli, un chianti classico 2010, léger, un brin fruité, tout en complexité. C’est parfait pour l’apéro et j’aurais pu en prendre un autre verre pour le repas. Au Le Verdure, j’opte pour une entrée de Bruschette que je partage avec C. qui avait pris l’excellente Scarola a la griglia, plus suprenante. Le plat principal s’avère très décevant, nous sommes trois à avoir opté pour les canelloni aux champignons, manquant franchement d’assaisonnement (on se prend pour le jury des Chefs). Dommage. Isabella avait opté pour la recommandation de la serveuse le Farrotto con brocoli et elle en a été ravie. On reprend une bouteille de vin rouge, évidemment. Je pense que c’était Sassiolo, Monte Schiavo 2010. Il arrachait un peu plus, très fruité, très goulayant. Too much for me, mais Isabella et Ratonne de B. l’ont adoré. Pour la digestion (on perd une joueuse qui décide de rentrer se coucher), on part prendre une marche vers Union Square. Il y a tellement d’ambiance. J’adore (ça y est, je recommence!). De jeunes danseurs performent côté sud, près des joueurs d’échec. On s’arrête un peu pour s’imprégner de l’atmosphère. On repart, je cherche un peu dans ma mémoire de quel côté est Max Brenner, au cas où on ait envie d’un chocolat. Personne n’a faim, mais on est prête à faire un petit extra… mais pas d’attendre encore au moins une demi-heure. On donne quand même notre nom, mais on repart marcher. Le long de la 5e, vers la 7th ou 8th st, on passe dans une rue où il y a une boutique Flip Flop Shops et on pense à Isabella, une maniaque de ce type de chaussures! On va jeter un coup d’oeil au Washington Square, mais à cette heure, c’est plutôt tranquille. Sur le chemin, on reçoit le texto comme quoi on a une table au Max Brenner. On passe notre chemin et on rentre doucement à l’hôtel. Au loin, j’aperçois le phare qui me guidait vers chez moi, l’an passé, l’Empire State Building, sobrement illuminé ce soir.

Samedi matin, le plan déjeuner est d’aller à The City Bakery que m’avait fait découvrir I. l’an passé. On arpente encore le même quartier, mais j’aime ça! On descend par la 7th ave, que je connais moins. NYC le matin est plutôt calme, on a la rue à nous. Isabella fait un arrêt à la pharmacie pour s’acheter des bouchons… la nuit a été perturbée?! Après un gros déjeuner (j’ai opté pour des oeufs brouillés, une saucisse vegan aux pommes et à la sauge, un scone aux petits fruits et un café latté… mmmmm), on va visiter le Green Market à Union Square. Il y a encore plus de kiosques que dans mon souvenir. Ils occupent presque tout le parc! Des légumes en tous genres, notamment de belles courges de toutes les formes, des fromages, des pains, etc. Je prends aussi les infos de OHNY qui est ce weekend, mais j’ai peu d’espoir qu’on puisse inclure ça dans notre programme, même s’il y a toute une section d’activités à faire sans réservation. Une des filles du kiosque aimerait bien venir à Montréal. Comme l’an passé, je remarque que les New Yorkais connaissent bien Montréal et souhaitent venir visiter la ville. On prend le temps de faire tranquillement le tour du marché, on regarde les étalages et la faune: beaucoup de familles. Tout ça, en plein de milieu de NYC. Et il fait encore super beau.

Le projet de l’après-midi, marcher sur le Skyline (sic), High Light (sic) et autres appellations utilisées par mes comparses pour dire le High Line. On repart par la 17th rue, direction 10th avenue. En passant devant Banana Republic, il y en a une qui lance innocemment : est-ce qu’on va jeter un coup d’oeil? C’est la section homme, il faut donc traverser Broadway, pour la section femme… et juste à côté Ooooh Anthropologie. On va donc là d’abord… et on se barre les pieds pour un bon moment. C’est rare que je magasine, mais c’est un fait rarissime de le faire avec les copines. Et j’ai adoré! J’essaie deux, trois trucs, oui, non? Oui, oui, non. C’est clair. WoW! Elles essaient deux ou trois trucs. Oui, non, oui. On traîne encore un peu, puis on va au Banana Republic. Idem. On est deux dans les cabines d’essayage et les deux autres s’installent pour nous rendre leur verdict. La dame aux cabines est d’une gentillesse incroyable. Il est encore tôt je suppose, elle a tout son temps et elle nous adopte. À la caisse, la jeune fille est née à Montréal. On parle, parle, jase, jase… Verdict: 2 heures plus tard, 6 morceaux en plus, 400$ en moins. Bon, là, est-ce qu’on y va au Green Line (sic), Skyline (sic), High Light (sic)? High Line les filles. High Line.

Toujours 17th st., direction 10th avenue, j’aperçois l’enseigne du Crema, un resto où j’étais allée avec É. et H. quand elles étaient venues à New York l’an passé, lors de ce même weekend. J’y avais rencontré Rafael, ami d’É., gérant ou proprio. J’entre donc pour le saluer. On vérifie dans le bureau, mais il vient de partir il y a 2 minutes. Je lui laisse un mot et on reprend notre chemin. Une minute plus tard, j’entends mon prénom derrière nous, c’est Rafael qui nous rattrape. On s’entend pour y retourner prendre un verre plus tard, avant notre spectacle de ce soir. Les filles sont ravies. On argumente qui est Carrie, qui est Samantha, qui est Charlotte et qui est Miranda. Ratonne de B. est Miranda, même coupe de cheveux… Isabella est Samantha, la blonde… On n’arrive pas à départager qui est Charlotte et Carrie… (si vous voulez tenter de le savoir, un test ici; trop drôle. Les filles, y’a une questions sur l’acteur de vos rêves, mais point de Bradley Cooper dans les choix de réponse; si vous voulez le savoir, je suis Miranda, apparemment).

Finalement, on arrive au High Line, on marche jusqu’à la 14th pour trouver un escalier. Les filles sont… épatées. En plus, il fait… beau! On est à la hauteur de The Porch, là où il y a des petits kiosques de bouffe et d’articles de promotion à vendre, plus loin, je retrouve Terroir, le resto où j’avais soupé avec ma coloc. On s’installe à une table, sans avoir trop faim, juste pour prendre le temps d’absorber l’ambiance qui règne et prendre un peu de soleil.. qui finit par plomber sur nos jeans foncés. On repart marcher d’abord vers le sud, les fontaines d’eau, les chaises longues, les herbes hautes. Quelle ambiance. On remonte ensuite vers le nord, en faisant un nouveau stop à la 14th st. pour descendre au Chelsea Market se ravitailler. L’endroit est très achalandé, mais l’architecture est magnifique. Un vieux planché verni garde les traces de nombreuses histoires sûrement. Comme j’avais juste le goût d’un jus de fruits frais, je suis allée en commander un au One Lucky Duck; C. a craqué pour les sushis Beyond sushi qu’on a finalement partagés, de retour sur le High Line bien installées dans les estrades à la hauteur 17th, avec vue sur la 10th avenue. C’est là que Ratonne de B. et Isabella nous ont quittées pour aller faire la sieste à l’hôtel. Encore un peu de soleil, encore un peu de people watching. On reprend notre ballade jusqu’au bout du High Line, 30th st. On rebrousse chemin pour redescendre par les escaliers de la 23rd st. On a le goût d’un café (Caffé Bene) qu’on va boire au Madison Square Park. Et qu’est-ce qu’on fait? People watching! À NYC, y’a de quoi se rincer l’oeil et alimenter la conversation!

On a rendez-vous à la chambre pour 17h. On se rend un peu d’avance, question de faire une petite dégustation de chocolate bars que Christine a apportées, de différents chocolate makers (et non de chocolatiers), c’est-à-dire des gens qui font du chocolat bean-to-bar. Isabella capote, c’est une real chocolate addic. Pas question de déguster lentement, de laisser fondre le chocolat dans sa bouche. Miam, miam, miam! Ensuite, direction Crema, 17th st., pour un cocktail et un souper léger. Aucune d’entre nous n’est réellement affamée, notre déjeuner nous a soutenues presque toute la journée. On commence par une margarita, un mojito et du vin blanc avec des nachos, de la guacamole (to guac [our] way) et deux salsas, compliments de la maison. On commande encore de la guacamole et des tacos de pollo à partager. Entre temps, on nous apporte un potage d’artichaut qui nous ravies toutes les quatre. On finit de déguster le tout et on file en taxi au Bernard Jacob’s Theater pour voir la comédie musicale Once, primée de 8 Tony Awards. C’est C. qui l’avait choisie et ce fut un bon choix. C’est presque ma 1re expérience de comédie musicale (outre celle sur Beau Dommage). Assurément ma 1re sur Broadway. Dans la salle de théâtre, une ambiance de pub irlandais où on peut monter sur scène et se commander un verre avant que le spectacle commence. L’histoire tourne autour de l’importance de la musique dans la vie, de son pouvoir d’exprimer les émotions, comme la tristesse ou l’amour. Tous les comédiens-chanteurs-musiciens sont sur scène. Musique folk, peu de danse, mais une pièce de théâtre bien jouée qui a arraché les larmes à C. Après le spectacle, évidemment, il faut aller s’impréger de Times Square. Toujours le même buzz, les mêmes mascottes et animateurs de rue, les écrans géants et une horde de touristes. C’est comme une bulle de lumière et de chaleur en pleine nuit. La fatigue n’opère plus sur nous. On s’installe dans les estrades, vue vers le sud et on fait du vous-savez-quoi… et bien sûr, on prend quelques photos. On passe par un magasin de sports pour chercher des minimalists pour Ratonne de B. Certaines ont un petit creux pour un dessert, on nous recommande le Junior’s for the best cheese cake in NY. Of course! C’est la cohue à minuit le soir dans un restaurant digne d’une cafétéria. On donne son nom puis on se fait appeler. Il y a une dame dans la file (disons, le troupeau à l’entrée) qui décide de prêter main forte (ou plutôt voix forte) pour faire l’appel des noms. Avec une voix newyorkaise, c’est-à-dire, selon ma définition, nasillarde et qui porte. Very sweet, honey, but not in my ears! Isabella a le tympan droit qui vibre à chaque appel. Ratonne de B. décide qu’elle a plus le goût de marcher et de rentrer à pied que de poireauter pour un peu de glucide et de cohue. Finalement, pendant qu’on attend, Isabella est interpellée par un gros hamburger… On soupçonne une raison à ses soudaines envies de bouffe (en route, elle a craqué pour un McFurry?!?!). On se trouve trois places au bar, ce qui nous évite d’attendre pour une table. Je suis la seule finalement à commander un cheese cake, qui s’avère honnête, mais pas renversant. J’en partage la moitié avec les deux autres. Pour rentrer, on se trouve un taxi, moins jasant que celui qu’on avait pris à l’aller. Un type du Sénégal fort sympathique qui a de la famille éloignée à Montréal. Ouin, ben, ce fut une journée bien remplie. Tout le monde au lit!

Dimanche matin, je me suis un peu fourvoyée dans mes rues, de telle sorte que rendues à Union Square, on était à la recherche d’un resto pour déjeuner et on est tombé toutes les quatre en amour avec le Coffee Shop juste à l’angle du parc. Une authentique déco de diner, un côté banquette, un côté comptoir tout en ondulation. Et contre toute attente, le menu s’avère particulièrement intéressant. J’opte pour le Huevos Ranchos, la serveuse (au tattoo de plume sur le bras qui impressionne C.), me reprend: Huevos Rancheros. Oui, je sais, mais c’est écrit Ranchos sur le menu!?! Excellent café latté, excellent déjeuner! Yé. Tout le monde passe à la toilette avant d’aller à Brooklyn. C’est sans compter qu’il y a bien des boutiques autour de Union Square. En y repassant, C. a même acheté une jolie toile de coquelicots rouges. Question de marcher un peu pour digérer, on avait parlé d’amener Isabella à la boutique Flip Flop, mais c’est finalement à l’immense DSW (Designer Warehouse Shoe) qu’elle préfère aller. Après un très rapide tour des allées, je décide de les attendre dans le parc à observer la faune. Alfred, un joueur d’échec, engage la conversation et philosophe avec moi et Catherine qui m’a rejointe pendant un moment. Devinez quoi? Il fait encore beau! De jeunes danseurs s’échauffent. Malheureusement, ils ne commenceront pas leur performance avant le retour de mes amies. Bon vite, L line, direction Brooklyn, quartier Williamsburg, Bedford ave station.

Encore une fois, je cartonne. Les filles sont ravies, directement en sortant de la station de métro (à 3 stations de Union Square en tout et pour tout). Changement d’ambiance, changement d’échelle, mais toujours avec la vibe de NY, décontractée, branchée, bondée. C’est là que Ratonne de B. a tranché que la New Yorkaise porte la botte (ou la bottine). Plus tard, dans la journée, elle deviendra New Yorkaise en faisant l’acquisition d’une paire de bottes (peut-être qu’à sa prochaine visite elle ira voir la comédie musicale Kinky boots?!). Pour notre part, c’est en souliers, en Birk et en flip flop, qu’on arpente Bedford ave de long en large, entre les terrasses de café et les vendeurs d’art sur la rue. C. fait l’acquisition d’un joli dessin coloré d’une vue de Times Square; pour ma part, j’hésite à acheter une impression photo sur carte géographique d’une rue de New York, mais je ne me décide pas alors on continue notre route. Je suis étonnée de ne pas voir de musiciens de rue. On tourne direction ouest sur 7th st, vers le parc où se trouve le Flea Market. Ce n’est pas tant pour magasiner ou nous sustenter que pour pouvoir admirer cette magnifique vue sur Manhattan et la East River, depuis le parc du même nom. C’est encore plein de monde, beaucoup de jeunes familles, de tous les styles, de toutes les origines, beaux comme un bouquet de fleurs originales et épanouies. On coupe directement vers la rivière. On admire, on s’assoit, on placote. Puis, j’y pense: les Mast Brothers (bean-to-bar chocolate makers) ont une boutique à Brooklyn, mais je ne me rappelle plus où exactement. C. m’avait demandé l’an passé de lui rapporter des exemplaires de leurs tablettes de chocolat. Elle aborde une fille au parc qui, ne sachant pas où la boutique se trouve, lui propose tout bonnement de chercher sur Internet avec son cellulaire. Thanks! No problem! C’est sur la 3rd st, juste là où on a rebroussé chemin quand on marchait sur Bedford ave. On remonte donc par Wythe st, aussi animée. C’est là qu’on a vu le mur de graffiti (art public) qui nous a flybergatées. Consider yourself warned about… daydreaming while driving (right), copying answers for June-Ann (sure), not peeing before bedtime (of course), margaritas in the hot tub (huh? wtf). On s’imagine alors composer nos propres phrases (je vous laisse imaginer le reste). Le sourire étampé sur le visage, on s’en va déguster le chocolat d’origine du Bélize, du Madagascar, de la République dominicaine et de la Nouvelle-Guinée confectionné par les Mast Brothers dans une boutique tout brooklynienne, à l’allure d’entrepôt, aux matériaux bruts, mais bien étudiés. Avant de repartir de Williamsburg, on décide de faire la pause café… mais qui se transforme en pause en-cas. On s’arrête au Trix qui a une petite terrasses à l’angle de Bedford et 9th st. Jeff, le serveur, qui semble exténué quand il vient nous donner les menus, gagne en énergie à chacune de ses visites. Il se révèle très drôle et pince sans rire, et se montre très intéressé (ou impressionné?) quand on  répond en choeur Montreal! à la question d’où l’on vient. On échafaude des plans pour rentrer à Manhattan (ça fait chic, non, dans une phrase) en traversant le pont de Brooklyn à pied. S’y rendre à pied ou en transport en commun s’avère un peu compliqué, mais Jeff nous assure que c’est très facile en taxi et qu’il nous en coûtera environ 15$. Une demi-heure plus tard et 20$ en moins, on y est presque, il faut d’abord franchir la rampe d’accès sans aucun intérêt, mais un coup rendu sur le tablier du pont, quelle beauté, encore éblouissant après 130 ans! C’est paqueté de monde (de partout au monde!), mais la cohue en vaut la chandelle. Et puis… il fait beau! Ratonne de B. nous raconte cette jolie histoire de Barnum qui a fait traverser le pont à 21 éléphants pour prouver à la population que le pont était assez solide.

De l’autre côté du pont, au City Hall Park, il y a de l’animation et donc un attroupement de touristes. On regarde un peu et on poursuit notre route. En remontant Broadway, c’est là que Ratonne est devenue New Yorkaise et que New York a transformé Isabella qui a acheté sa première paire de souliers à talons! What? Il fallait bien que ce soit des Mommy Poppy (dans ma tête, ça voulait dire Miz Mooz), THE shoes que Ratonne adore. Entre ces deux stations de consommation, on est passé par le Chinatown où C. et moi avons vécu une scène digne d’un scénario de film de gangsters chinois de New York. Sa soeur l’avait investie de la mission de lui trouver un sac à main façon Coach, en tissu avec le logo de la compagnie et des fleurs brodées, very specific! On ralentit vis-à-vis une boutique, l’homme nous fait signe d’entrer, il est impatient, il est nerveux, il nous presse. On entre dans la boutique… Il est encore nerveux, il nous fait signe d’aller au fond. Ratonne et Isabella ressortent. J’entends soudain un bruit de verrou, une partie du mur en lattes de bois blanc bouge, une porte s’ouvre. Il y a une pièce avec une dizaine de touristes dans environ 3m2  avec un autre homme asiatique et un paquet de sacs à main suspendus. Ça s’en le swing là-dedans madame. On fait vite le tour de la marchandise. C. ne trouve pas le sac à main en question et on demande à sortir. [suspens] Le type ouvre la porte à nouveau et on sort de la boutique comme si de rien n’était. Mais qu’est-ce que c’était ça? Anyway, en sortant de la boutique, une gang de rois du skateboard arrivent et s’arrêtent en apercevant une entrée de livraison en angle de 45 degrés, parfait pour pratiquer leur exploit. Ils se placent de l’autre côté de la rue et s’élancent entre les voitures, assaillent la rampe en portes d’acier galvanisé texturé, font une pirouette de leur choix, la redescendent aussi vite et stoppent promptement ou effectuent un virage serré quand une voiture arrive. Un des leurs a une caméra en main. Le temps qu’ils s’échauffent un peu, un autre type asiatique arrive avec un café à la main et semble vouloir s’interposer entre les jeunes et la rampe en question. Le proprio sûrement, mécontent ou inquiet qu’on vandalise son bien. Dommage. On repart de notre côté, les jeunes du leur. On poursuit notre route jusqu’à Little Italy. L’idée de manger par ici est considérée, mais on n’a pas encore très faim. Alors on s’arrête tout de même pour boire un coup à l’Italian Food Center à l’angle de Mulberry et de Grand st. Et comme il fait encore beau, on choisit une table à la terrasse. I feel good!

De là, on repart, direction West Village pour un resto qui avait été recommandé par A la Di Stasio, dont on retrouve encore l’adresse dans le site que Ratonne nous avait parvenir par courriel. Avant de partir, j’avais donc noté deux ou trois adresses et les avait situées sur une carte. Toutefois, je n’avais pas avec moi cette dite carte et je me rappelais vaguement sa localisation, sur Bleecker quand elle bifurque à la diagonale. Je me souvenais aussi vaguement que le nom commençait par K et qu’il comportant 5 lettres. Du moins, dans mon souvenir. On zigzague d’une rue à l’autre: Mulberry, Broome, 5e ave, Spring, Broadway. Bang! On tombe sur Uniqlo. Capotage complet dans la gang. Dimanche soir, 19h, on a encore un peu de temps pour magasiner. Trois étages de doudounes de toutes les couleurs, pour enfants, pour femmes, pour hommes, des pantalons confos, des sweatshirts en cashmere. Chacune prend sa direction, je crains qu’on ne se perde à jamais! J’ai tellement aimé mon chandail en cashmere bleu turquoise acheté l’an passé que j’opte pour en acheter un autre.. mais de quelle couleur? Ce n’est pas simple. Grâce au conseil de C., retrouvée au détour d’une allée, j’opte pour le fushia, tandis que je la conseille pour une doudoune vert turquoise plutôt que bleu marine, trop ordinaire, ainsi que Ratonne pour une doudoune pour son mari, bleu électrique, plutôt que… je ne révélerai rien. Je paye le tout et j’attends les autres patiemment sur une banquette à l’entrée. On annonce la fermeture du magasin et les autres arrivent in extremis [je dramatise un brin]Tout le monde est ravi et plus au chaud en enfilant une pelure de plus pour la route, la nuit se rafraîchit (mais il fait encore beau!!). De là, on prend Broadway jusqu’à Bleecker en traversant Greenwich Village, puis West Village, quand elle bifurque en diagonale. À ce moment, la rue recommence à être animée. Encore une autre atmosphère avec des restaurants, des bars. On surveille d’un côté, comme de l’autre à la recherche de ce resto K…. Re-badang. Tadam! Ma mémoire ne m’a pas joué de tour. Sauf qu’il y a, évidemment, une file d’attente: 25 minutes (as usual, on dirait). Je suis prête à attendre… C. et Isabella traversent la rue pour aller voir les autres options. Elles veulent aller en face, pas de file d’attente. Pizzéria traditionnelle new yorkaise, ouverte depuis 1929: John’s of Bleecker street. On a une table tout de suite, mais les pizzas ont l’air fades à côté de celles que j’ai entrevues à Keste Pizza quand je suis allée annuler notre réservation. Bah, ce sera pour une autre fois. Il faut bien faire des compromis (et me donner une raison de revenir à NYC!). Je partage une pizza tomates, olives noires, basilic, ricotta avec Ratonne, Isabelle et C. prennent une pizza pepperoni. Avec C., on envisage d’aller prendre un verre dans un bar, mais on va plutôt reconduire les filles à l’hôtel en remontant la 7th ave. Je comprends pourquoi j’ai loupé mon cinéma adoré, il est sur 6th ave. On repart illico de la chambre avant de trop ramollir. J’ai feuilleté le Lonely Planet, acheté l’an passé, à la recherche d’un bar dans le quartier. Bar Veloce, 7th ave à la 21st st. Un peu propret, un peu tranquille, mais la carte de vins est intrigante. On s’installe au bar et on étudie la description détaillée de chacun des vins. J’opte pour un vin blanc Taburno Falanghina, culture biodynamique. Il est parfait, savoureux, un brin fruité, pas trop, tout en longueur. Il gagne en complexité à chaque gorgée, jusqu’à la fin. Christine opte pour un vin rouge Lambrusco, un peu pétillant. Très surprenant. On déguste, on déguste et on relaxe, on savoure la journée avec peu de mots échangés en fait. On en rigole un peu, mais on ne s’en inquiète pas. C’est comme ça. Partager le moment avec l’autre sans que les mots soient absolument nécessaires pour pleinement l’apprécier. On rentre à l’hôtel, les petites sont couchées. On se glisse sous les draps sans qu’aucune des deux ne s’en aperçoivent (les petites, pas nous). Un exploit.

Lundi matin, opération «Paqueter les valises» un peu plus compliquée qu’au départ, à cause de tous les achats effectués entretemps. On vérifie la limite des achats possibles sans payer de taxe en passant la douane. On se dirige vers le petit resto entrevu samedi, mais loupé dimanche. Il est bien sur la 17th st (et non la 18th). J’ai vérifié sur Internet: Petite abeille, 44 west 17th st. Sympathique petit resto belge, avec un long comptoir à l’entrée, quelques tables au fond, puis une rallonge avec un foyer et une toute petite terrasse au fond. Isabella est contente d’être sur le bord du foyer (en activité), mais la serveuse semble nous avoir oubliées et avec l’opération valises qui a pris un certain temps, on est affamé. On est trois à opter pour une omelette, Bastogne pour ma part, qui est servie avec des mashed potatoes qui s’avèrent délicieuses, avec du poireau, même si ça fait un peu bizarre au petit déjeuner. Est-ce belge, vraiment? La café est encore bon. À NYC, on trouve du bon latté, c’est confirmé! Puis, on repasse par Eataly pour ramasser des trucs à manger sur la route. On retourne à l’hôtel, récupérer les valises, la voiture, payer la chambre, opération qui s’avère un peu compliquée et mystérieuse. Ils ne nous remettent aucune facture. Anyway, on est parti et sorti de la ville en deux temps, trois mouvements. Ce n’est pas compliqué, on prend la 25th jusqu’à la rivière, comme nous l’avait expliqué le valet de l’hôtel. De là, on voit les indications pour Lincoln Tunnel. En allant ainsi vers l’ouest, on s’épargne les complications de la parade de Columbus day sur 5th ave. Yé! On passe même devant Pace Gallery et Ratonne de B. capote. C’est là que Jay-Z a fait la performance dont elle nous avait parlé plus tôt (version finie, version rush). Hé qu’on est branché! (en regardant la vidéo, de retour à la maison, j’ai complètement capoté sur le danseur Storyboard P de Brooklyn, il faudra que j’aille voir des Hip Hop Battles la prochaine fois!).

La route du retour s’est encore mieux effectuée qu’à l’aller, en arrêtant une fois ou deux, café/pipi/changement de chauffeur et mis à part une petite interruption policière due à une trop grande hâte d’Isabella de retrouver son petit trésor et une attente d’environ trois quart d’heures à la douane de Lacolle (qui n’est pas, apparemment, Lacolle). On est allé reconduire Ratonne de B., on a eu droit (ben surtout elle) à un accueil chaleureux, surtout de son petit dernier. Charmant! Ensuite, Isabella. Je suis allée sonner en faisant semblant qu’on débarquait toutes pour souper! On a eu droit à un petit Ah!, de sa petite poupoune. C. est finalement venue me reconduire, 20h environ j’étais chez moi. Les valises pleines, le coeur léger. Fatiguée, mais pas exténuée. On a eu un weekend très bien rempli, mais pas exténuant, ni stressant. Cool and relax baby! Il nous reste à rembourser l’une pour l’hôtel, l’autre pour les billets de spectacles, finaliser les comptes. Vérifier ce qui a été chargé par l’hôtel, attendre la fin de l’histoire avec la contravention… C’est bon, le weekend à NYC va un peu se prolonger ainsi.

Malgré tous nos plans et nos désirs d’insérer encore d’autres choses à y faire, pas de Central Park, pas de musées (pourtant il y avait des expos très intéressantes), pas de spectacles de danse… pas le temps de tout faire, il faudra y retourner! J’ai sûrement oublié bien des anecdotes et des détails, mais quel beau voyage, Girls! Je termine ce billet comme j’avais terminé le dernier lors de mon plus long séjour l’an passé: j’adore NY. Je suis prête à y retourner n’importe quand. Seul petit ips: le prix des chambres d’hôtel. Houlala! Bon, je vais recommencer à économiser pour une prochaine aventure!

PS. J’attends toujours vos photos les filles, elles pourront compléter ce billet, trop long, mais en fait trop court pour relater tout ce qu’on a vécu. But as we say: what happens in NY stays in NY.  By the way, C. et moi avons regardé Hangover, vendredi soir, avec le beau Bradley Cooper!

MàJ 21 octobre 2013. Numéro spécial du magasine L’Express sur New York (paru le 16 octobre) très intéressant.

A propos Curieuse d'idées

À sa naissance, elle entre dans le monde de la curiosité. Elle n'est pas à la veille d'en sortir!
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3 commentaires pour Escapade à New York : Something to Declare

  1. culturieuse dit :

    Chouette! Ton article me donne envie d’y retourner…avec une valise vide. Et des expos.

  2. Ping : Des effluves de New York dans mon salon | Curieuse d'idées

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