Les cendres bleues: amours refroidis

Je suis tombée en amour avec la poésie de Jean-Paul Daoust lors de ma première fréquentation de Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent. L’incroyable performance de Yann Perreau déclamant, que dis-je, incarnant Je danse m’avait transportée. Un hymne à la liberté, la vie, l’amour de soi, au plaisir simple – et non coupable – de danser dans son salon. Je suis allée chercher son recueil de poèmes à la bibliothèque; j’ai ce poème chez moi depuis. J’ai retrouvé de temps en temps le poète, les jeudis soirs, dans le cadre des cabarets de Plus on est de fous plus on lit que j’écoute habituellement en baladodiffusion lors de mes nuits d’insomnie… sauf celles du jeudi, trop survoltées pour favoriser mon retour au sommeil.CendresBleues Quand j’ai lu l’article qui annonce le spectacle Les cendres bleues au Théâtre d’aujourd’hui, basé sur une oeuvre entière de Jean-Paul Daoust, je dis: oui. Je sais pourtant que l’histoire n’est pas aussi rose, flamboyante, moins «bulles de champagne» que le spectacle qui m’a fait découvrir sa poésie. J’y vais avec une amie aussi conquise que moi par les sandwichs.

Petite salle intime au Théâtre d’aujourd’hui, ce qui convient bien au spectacle. M. Daoust est dans la salle, c’est soir de première. Scénographie sobre, murs noirs, sol couvert d’eau. Quand les projecteurs s’allumeront et que les comédiens bougeront doucement, il y aura de magnifiques reflets argentés qui illumineront les murs noirs et qui les feront danser. Trois hommes, trois âges de la vie, trois comédiens racontent tour à tour ou simultanément une histoire que le jeune Jean-Paul n’a jamais lue dans les livres, une histoire folle, passionnée, déraisonnable, incroyable, troublante. L’histoire d’un amour doublement interdit, entre deux garçons, l’un âgé de 18 ans et l’autre d’à peine 6 ans et demi. La poésie de Jean-Paul Daoust est bien là, mais toute en retenue, en belles images tristes et belles, nostalgiques et révoltées. Il nous mène si bien en bateau qu’on ne réalise à peine le drame de cette histoire. Qui tue qui et de quelle façon la plus atroce?

Je reste mitigée par le choix de la mise en scène qui propose une lecture du poème, presque sans interprétation. Une lecture froide, distante, détachée de ces souvenirs poignants. Deux des trois comédiens optent pour un niveau de langage plus dramatique et soutenu, le 3e situait son (non)-jeu à un niveau plus commun. Rupture de ton qui m’a un peu agacée. Les déplacements, les mouvements, les expressions sont réduits au minimum. Peut-être était-ce pour laisser toute la place aux mots (et aux maux) de l’auteur?

Extrait de la lecture du poème par l’auteur lui-même ici.

Les cendres bleues. Jusqu’au 9 novembre 2013. Au Théâtre d’aujourd’hui.

En complément: de la poésie en musique. Après le beau disque de Chloé Sainte-Marie, puis ceux des Douze hommes rapaillés, j’écoute maintenant le très beau disque de Yann Perreau, qui reprend des poèmes de Claude Péloquin: À genou dans le désir.

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A propos Curieuse d'idées

À sa naissance, elle entre dans le monde de la curiosité. Elle n'est pas à la veille d'en sortir!
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