100Lux: métissages urbains

Spectacle de danse hier qui jette des ponts, comme le disent ses fondatrices, entre la danse urbaine et la scène. 100LUX au Théâtre rouge du Conservatoire de Montréal. Sept propositions ont été retenues dans le cadre de cette 2e mouture, des solos ou des duos de danse urbaine. Déjà, la danse urbaine est un métissage, non, mais un terme parapluie regroupant un certain nombre de styles différents qui, pour une néophyte comme moi, ne sont pas tous faciles à distinguer. Peu de musique hip hop hier, encore ici, un recours à différents styles de musique pour élargir le territoire de cette danse performance, injectée d’intention nouvelle et de réflexion sur soi, sur les autres ou sur le monde.

  • Kate Alsterlund, la doyenne m’apprend I. Un solo sur la solitude ou les combats entre ses différentes personnalités, nous indique la danseuse chorégraphe lors de la causerie après le spectacle.
  • Marie-Reine Kabasha et Christina Paquette. Charmant duo qui tente de fusionner deux styles, qu’elles veulent développer dans le futur et qu’elles appellent TNM. J’ai été hypnotisée par le style waacking. Ouf. Un excellent reportage de l’émission Tracks sur Arte à propos du waacking, son émergence, évidemment à Los Angeles dans les années 1970, et une montréalaise Leah McFly aka Waackeisha.
  • Kevin Tremblay propose un métissage réussi de la dance urbaine, plus particulièrement le locking – merci le site –  et de la musique Rock Metal. L’énergie de la musique est bien réinvestie dans les mouvements de danse. Comme l’a souligné le danseur chorégraphe, il navigue dans ces deux univers complètement hermétiques l’un à l’autre. Comment les réconcilier, ou réconcilier deux facettes de sa personnalité? Réussi. Pour une initiation, les finales de Juste Debout en France en mars dernier.
  • Ja Britton Johnson et Caroline Fraser performent un numéro de marionnettes, allusion à la liberté individuelle ou au contrôle social. Si je me fie aux sites Facebook des danseurs, ils mélangent popping (hallucinante Lady c, Caroline Fraser) et krumping. La culture danse urbaine semble imposer l’emploi de surnom. Autre distinction. Dans un spectacle de danse urbaine, la salle s’exprime, encourage, réagit aux mouvements. Mon voisin de la rangée arrière ne s’en est pas privé!
  • Axelle Munezero, celle qui a enseigné le waacking à Marie-Reine Kabasha, danse tout en finesse et en lenteur, ce qui contraste avec l’énergie, la force et la vitesse habituellement associées à la danse urbaine. Sortir de sa zone de confort, affronter ses peurs, prendre son temps, telle était l’intention de la danseuse chorégraphe.
  • Mecdy Jean-Pierre et Céline Richard-Robichon explorent les contrastes du blanc et du noir, de l’ombre et de la lumière.
  • Étienne Lou surprend en récitant un monologue de Dieudonné sur la Palestine agencé à des mouvements de krump. Une intensité dans le texte et le mouvement, mariant humour et émotion. Respect, comme l’écrit le danseur chorégraphe dans le dépliant.

Le spectacle était programmé pour un soir seulement, donc rendez-vous l’année prochaine! Sinon, ce soir, 17 novembre 2013 à 18h, un autre métissage: le battle de la danse urbaine marié à la danse contemporaine. 2e édition de H2O Let your art flow au Centre du Plateau. Trente équipe de deux s’affrontent.

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À sa naissance, elle entre dans le monde de la curiosité. Elle n'est pas à la veille d'en sortir!
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