Rendez-vous à l’hôtel: propositions inusitées

La 2e porte à gauche, une compagnie de danse atypique qui se spécialise dans les propositions qui sortent des sentiers battus. J’avais vu passer la critique de leur spectacle Te situes-tu dans l’in situ (en 2009, déjà?) qui se déroulait dans un appartement. Plus récemment, le spectacle Danse à dix, dans un bar de danseuses, avait créé pas mal de remous. Cette fois-ci, il s’agit d’une invitation à l’hôtel. Lieu un peu plus sage, il va sans dire. Car l’hôtel en question est le chic hôtel boutique Germain, 2050 rue Mansfield. On y va!

Lundi soir, arrivée tôt à l’hôtel, je récupère tout de suite les billets. On a le Forfait privilège (qui se révélera pas si privilégié, mais c’est un détail). On monte à l’étage, au bar restaurant Laurie Raphaël prendre un verre, et une petite bouchée en attendant. Un excellent Chablis me ravit. On commande une planche de charcuteries et une demie de fromages qui s’avère décevante, non par la qualité, mais la quantité. Enfin.

Notre rendez-vous de 19h… On arrive à la chambre qu’on nous a indiquée. Fermée. On cogne. Pas de réponse. On entend pourtant du bruit. Deux autres personnes sont aussi là avec nous. Et on se met à délirer. Le spectacle c’est ça. Des spectateurs qui sont pris à l’extérieur de la chambre, etc. Eh non, on a manqué le départ du forfait Privilège qui était apparemment à 18h45. Le groupe sort et on s’y intègre pour la prochaine chambre (mais malheureusement, c’était la chorégraphie avec Clara Furey et Francis Ducharme, des danseurs qui se connaissent bien, sans pudeur… et apparemment, ils ont exploité cet aspect de leur art).

Il va sans dire que la proximité entre l’acteur, la danseuse et les spectateurs est inhabituelle. Dans la chambre 307, un couple s’englue dans la routine. Chaque matin, chaque soir, les mêmes gestes, devenus mécaniques, comme la dynamique du couple. Et puis, en 2e partie, une parodie de l’image rose bonbon des films hollywoodiens, montage sonore à l’appui. Univers réussi, tout en ayant l’audace d’intégrer les spectateurs dans le jeu.

Chambre 408. Une tout autre histoire. Un homme, seul, repasse une longue robe. Il est habité par le souvenir de son amoureuse. Est-ce un rêve? Des souvenirs? De la folie? Le jeu de Marc Béland est totalement habité, tandis que la danseuse Isabelle Arcand est parfaitement évanescente. L’espace de la chambre, ainsi que de la salle de bain, est très bien exploité. Créateurs Virginie Brunelle et Olivier Kemeid.

Chambre 406. Encore un autre univers. On retrouve Frédéric Gravel en chorégraphe et, exceptionnellement ce soir-là, en interprète, remplaçant au pied levé Emmanuel Schwartz. On retrouve l’univers de Gravel, que je connais bien, tandis que je connais moins celui de Catherine Vidal, l’auteure avec qui il a travaillé. Musique bien présente, corps à terre et au mur. Propos sur le propos. Univers quasi de violence, d’humour, de folie. Peter James est généreux.

Chambre 308, là où on aurait dû attendre. Installation. Une chambre d’hôtel vide. Des photos, des appareils photos. Des vidéos… sur la chambre d’hôtel. Espace énigmatique en soi.

À la sortie du spectacle, les spectateurs semblaient ravis. J’ai beaucoup aimé aussi. Les discussions fusaient entre les gens. La proximité, ça rapproche!  Trois univers complètement différents dans un même lieu. Est-ce que le défi du mariage entre le théâtre et la danse est réussi? Ce n’est pas important de trancher la question. Ce fut une expérience intéressante. À revivre.

Je vous dirais bien d’y aller. Mais tous les billets sont vendus. Je le sais; on voulait nous proposer de revenir pour le spectacle qu’on a manqué. On nous a plutôt rappelées pour nous proposer un billet pour un autre spectacle. Ça s’appelle prendre soin de sa clientèle.

2050 Mansfield. Rendez-vous à l’hôtel de la compagnie La 2e porte à gauche.

Initialement jusqu’au 2 février. Supplémentaires 8 et 9 février 2014.

Consultez aussi le Projet d’archivage artistique de Claudia Chan Tak

A propos Curieuse d'idées

À sa naissance, elle entre dans le monde de la curiosité. Elle n'est pas à la veille d'en sortir!
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