Cinéma, cinéma, cinéma: de Zubrowka à Kamouraska en passant par les États-Unis

Trois films vus ces dernières semaines, une fiction, deux documentaires.

  • Hotel Grand Budapest se passe dans la république imaginaire de Zubrowka, quelque part en Europe de l’Est (mais j’y ai quand même reconnu l’intérieur du musée de Vienne, visité par la magie du cinéma dans Museum hours). La bande-annonce laisse croire à un feu roulant, à un film esthétique et humoristique. C’est ce qu’il est. Un bel emballage, comme les boîtes de pâtisseries Mendl’s. Une somptueuse gâterie, sucrée, mais qui ne soutient pas longtemps. Les souvenirs d’un jeune garçon d’étage initié par le concierge de l’Hôtel Grand Budapest, à l’esthétisme Belle époque, qui ne recule devant rien pour satisfaire ses client…es. Une éloge à l’imaginaire.
  • Le semeur est un film documentaire à petit budget, mais de grande persévérance, autant de la part de la cinéaste, Julie Perron, que du personnage central dont il est question, Patrice Fortier, semencier de plantes ancestrales. On le suit sur trois années, à travers les saisons, de l’automne à l’été, dans le tout aussi magnifique paysage de Kamouraska. Autant le film précédent fait dans le grand déploiement, autant celui-ci fait dans la beauté des petites choses, dont ces magnifiques (et pas si petites) angéliques, fleurs sauvages semées à tout vent dans un décor inspiré de Dali et confectionné par le semencier artiste et quelques comparses. Un film dont les personnages au générique sont les plantes dont on suit la germination. Une oeuvre bien enracinée dans un terroir géographique, social et artistique. Quelle belle initiative d’Excentris d’avoir invité cinéaste et semencier à causer avec l’auditoire à la première.

« Le Semeur » de Julie Perron (bande-annonce officielle) – EN SALLES AU QUÉBEC DÈS LE 9 MAI 2014 ! from Les Films du 3 mars on Vimeo.

  • Un rêve américain est un film documentaire sur les Canadiens français qui ont émigré aux États-Unis et dont Damien Robitaille, chanteur franco-ontarien, retrace le parcours. Il part à la recherche de ces communautés francophones toujours en vie d’un océan à l’autre. Ces immigrants ont été employés dans des manufactures de textile, souvent considérés comme les «Nègres blancs d’Amérique», exploités et sous-estimés du fait qu’ils ne parlent pas la langue anglaise. Ils ont été bûcherons et ils ont contribué à défricher les Plaines américaines. Ils ont été coureurs des bois et explorateurs, avec les Amérindiens, ils ont ouvert le passage vers l’Ouest jusqu’à l’océan Pacifique. Une histoire méconnue, des Canadiens français d’autrefois et des Franco-Américains d’aujourd’hui. Histoire d’une assimilation, mais aussi d’une volonté persistante d’exister.

Un rêve américain (Bande-annonce) from Eureka! Productions on Vimeo.

A propos Curieuse d'idées

À sa naissance, elle entre dans le monde de la curiosité. Elle n'est pas à la veille d'en sortir!
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4 commentaires pour Cinéma, cinéma, cinéma: de Zubrowka à Kamouraska en passant par les États-Unis

  1. Vi dit :

    Vu Grand Hotel Budapest a pareille epoque. Je pense qu’une des cles du film repose sur la dedicace finale a Stefan Sweig: un auteur qui a vu la splendeur de Viennes disparaitre avec l’arrivee des nazis. Il s’est enfuit au Bresil et la-bas, comprenant que son epoque disparait et qu’elle ne reviendra pas, il se suicide. Le monde perdu de Zweig est le monde fanstastiquement recree par le film, avec le grain de folie et de poesie en plus (et quels decors foisonnants!!). L’atmosphere de ce pays d’Europe Centrale imaginaire des annees 30 m’a egalement fait penser a un album de Tintin: Le Sceptre d’Ottocar, se passant en Syldavie. Bref, je ne voulais plus sortir du cinema!

    • Tu me donnes le goût de relire cet album! J’ai un peu lu Tintin, jeune, sans trop accrocher, mais j’imagine qu’avec des yeux d’adultes, ça prend un autre sens. As-tu déjà visité Vienne? Pas moi… Il me manque peut-être cet état d’esprit d’une Europe disparue… encore que…

      • Vi dit :

        Jamais allee en Europe Centrale.. par contre les livres de Zweig sont supers. Un classique lu recemment: Le Joueur d’Echec. Et Le Monde d’hier, que je n’ai pas lu, consiste en ses memoires sur cette culture europenne d’avant guerre qu’il considerait perdue…

      • Rien lu non plus. Il faudra que je mette ça sur mon programme… Pourquoi la vie est si courte??!

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